Burundi: deux chefs de l'opposition rentrent d'exil

9 mars 2013 à 16h17 par La rédaction

BUJUMBURA (Burundi) (AFP) - (AFP)

Deux chefs de l'opposition burundaise qui s'étaient exilés après la contestation des élections de 2010 et les violences qui avaient suivies, sont rentrés au Burundi samedi pour participer à un dialogue politique avec le pouvoir.

Il s'agit de l'ancien journaliste Alexis Sinduhije, président du parti Mouvement pour la solidarité et pour le développement (MSD), qui avait trouvé refuge en France, et de Pascaline Kampayano, du parti Union pour la paix et le développement (UPD), réfugiée en Belgique jusqu'ici.

Plusieurs centaines de militants aux couleurs orange et bleu du MSD, ont accueilli triomphalement leur leader Sinduhije, malgré le déploiement de dizaines de policiers aux principaux carrefours menant à l'aéroport international de Bujumbura, a constaté l'AFP.

"Le Burundi traverse la période la plus difficile de son histoire, (...), nous rentrons d'exil aujourd'hui pour participer à la recherche de solutions", a déclaré à la presse M. Sinduhije.

"Je sais que ça va être difficile, mais j'appelle le gouvernement à comprendre que nous ne sommes pas l'ennemi," a poursuivi l'opposant burundais."Nous sommes prêts à travailler ensemble".

Les deux leaders d'opposition rentrent pour participer au premier dialogue politique entre pouvoir et opposition qui s'ouvre lundi à Bujumbura, sous "les auspices" des Nations unies, selon un communiqué du Bureau de l'ONU au Burundi (Bnub).

Cet "atelier" va permettre de tirer "les enseignements des élections de 2010 et d'établir une feuille de route en vue d'élections libres, transparentes, démocratiques en 2015", selon ce communiqué, parvenu à l'AFP samedi.

Les élections générales de 2010, remportées par le président Pierre Nkurunziza et son parti, le Cndd-FDD, ex-principale rébellion hutue du Burundi, avaient été boycottées par les principaux partis d'oppositions burundais.

Les violences qui avaient suivi ce boycott avait fait craindre à de nombreux observateurs une reprise des hostilités à plus grande échelle dans le pays, marqué par une longue guerre civile qui a fait près de 300.000 morts entre 1993 et 2006.