Côte d'Ivoire: "Ratissage" dans le nord après l'attaque jihadiste, 27 interpellations

Par AFP

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Une semaine après l'attaque jihadiste qui a tué une dizaine de militaires dans le nord de la Côte d'Ivoire, l'armée ivoirienne poursuit son "opération de ratissage" dans la zone, a-t-elle annoncé jeudi, affirmant avoir interpellé 27 personnes.

Cette "opération de ratissage" dans la zone de Kafolo, où s'est déroulée l'attaque, et dans le parc national de la Comoé, tout proche, est effectuée avec "des moyens aériens et terrestres", a déclaré dans un communiqué le chef d'état-major des armées ivoiriennes, le général Lassina Doumbia, ."Au sixième jour des opérations, le bilan" est de "27 individus interpellés, du matériel logistique détruit, du matériel de communication saisi", affirme le général Doumbia, sans plus de précisions.Dans la nuit du 10 au 11 juin, une attaque attribuée aux jihadistes contre un poste mixte armée-gendarmerie à Kafolo avait fait "une dizaine de morts" et six blessés parmi les militaires ivoiriens, selon l'armée, qui n'a pas donné de bilan plus précis à ce jour.La présence de jihadistes au nord du parc national de la Comoé (frontalier du Burkina Faso) avait été repérée depuis plus d'un an, selon des sources sécuritaires.L'attaque a été menée par des combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, présents dans la zone, selon une source sécuritaire burkinabè.Cette attaque jihadiste, la première sur le sol ivoirien depuis l'attentat de Grand Bassam en 2016 (19 morts) qui avait ciblé des terrasses d'hôtels de la station balnéaire, a causé un choc dans le pays.Le ministre de la Défense Hamed Bakayoko avait promis le 11 juin une "réponse à la mesure de cette attaque", pour "neutraliser" les assaillants.Selon plusieurs sources sécuritaires, l'attaque jihadiste était "certainement une réponse" à l'opération menée conjointement en mai par les armées ivoirienne et burkinabè, qui avait conduit à la mort de huit jihadistes présumés et à l'arrestation de 38 suspects, et qui avait privé les "éléments (jihadistes) opérant au Burkina Faso de zone de repli".Plusieurs attaques jihadistes avaient eu lieu près de la frontière, côté burkinabè, mais encore jamais côté ivoirien. Le Burkina Faso voisin subit des attaques jihadistes de plus en plus nombreuses et meurtrières que l'armée ou les responsables politiques semblent incapables d'enrayer. Un millier de personnes ont été tuées depuis 2015. Cette attaque en Côte d'Ivoire, où une élection présidentielle est prévue en octobre, illustre de nouveau une poussée de la menace jihadiste vers les pays du golfe de Guinée, après le Sahel.