Décès d'un migrant nigérian gréviste de la faim au Japon

1er octobre 2019 à 8h31 par AFP

AFRICA RADIO

Un Nigérian décédé en juin dans un centre de rétention japonais a succombé à la grève de la faim qu'il menait, ont annoncé mardi les services d'immigration nippons, reconnaissant pour la première fois un tel cas.

"Une autopsie a révélé que cet homme est mort de faim", a déclaré à l'AFP un responsable de l'agence nationale des services d'immigration.L'homme, âgé d'une quarantaine d'années, dont le nom n'a pas été révélé, était décédé le 24 juin après avoir perdu conscience dans le centre d'immigration d'Omura, sur l'île de Kyushu (sud-ouest du Japon) et avoir été hospitalisé.Il observait une grève de la faim depuis au moins trois semaines pour protester contre sa détention depuis plus de trois ans, ont précisé des avocats.Il s'agit du 14e décès dans des centres de rétention japonais depuis 2007, selon la fédération des barreaux du Japon.L'homme avait perdu 13 kilogrammes sur la période d'environ trois semaines qui a suivi le moment où les responsables ont constaté qu'il était en grève de la faim, a confirmé à l'AFP l'agence des services d'immigration.Il était entré au Japon en 2000 et avait été reconnu coupable de délits, notamment de vol. Il avait été libéré sous condition en 2015, puis placé dans un centre de détention à Osaka (ouest) où il avait reçu un ordre d'extradition, toujours selon l'agence.Il était détenu dans le centre d'Omura depuis 2016."Les conditions de détention se sont détériorées", avait déploré la fédération des barreaux du Japon en août, appelant les autorités à enquêter sur ce décès.Après la mort de ce ressortissant nigérian, les services d'immigration s'étaient mis à relâcher des détenus grévistes de la faim pour les arrêter à nouveau deux semaines plus tard, selon la fédération.Les défenseurs des droits ont critiqué cette pratique dans laquelle ils voient une tentative inhumaine de montrer aux autres détenus que leurs protestations ne mèneront pas à leur libération définitive.Ils s'insurgent depuis longtemps contre les conditions de détention dans les centres de rétention du pays, et notamment la manière dont les gardiens traitent les urgences médicales.Près de 200 migrants détenus dans le pays ont refusé de s'alimenter au cours des quatre derniers mois, et 36 d'entre eux étaient toujours en grève de la faim au 25 septembre, a encore précisé l'agence des services d'immigration.Le Japon accepte très peu de réfugiés et de demandeurs d'asile, auxquels il demande un grand nombre de preuves et justificatifs et les migrants sont souvent détenus sur de longues périodes en attendant que leur cas soit examiné.