Français tués au Niger: l'enquête en France confiée à des juges antiterroristes

Par AFP

AFRICA RADIO

L'enquête ouverte en France après l'assassinat le 9 août au Niger de six humanitaires français et deux Nigériens a été confiée mardi à des juges antiterroristes, a appris l'AFP auprès du parquet national antiterroriste.

Cette information judiciaire a été ouverte pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste", selon cette source.L'attaque n'a pas été revendiquée, mais elle est attribuée aux groupes jihadistes sahéliens.Les jeunes humanitaires français, deux hommes et quatre femmes, ont été assassinés avec leur chauffeur et leur guide nigériens par des hommes armés à moto alors qu'ils visitaient la réserve de girafes de Kouré, à 60 km au sud-est de la capitale où ils étaient basés.Une source judiciaire avait indiqué le 12 août que, selon les premiers éléments de l'enquête antiterroriste ouverte à Paris, l'attaque paraissait "avoir été préméditée" avec pour objectif de "cibler des Occidentaux".Les dépouilles des humanitaires français ont été rapatriées le 14 août.Le 19 août, le ministre nigérien de l'Intérieur, Alkache Alhada, avait annoncé qu'un suspect avait été arrêté."Nous sommes actuellement sur des pistes sérieuses, des pistes qui peuvent nous conduire aux auteurs de ces actes (...). Nous avons certaines informations qui nous donnent des indications sur des probables acteurs de ces crimes horribles (...) et nous pensons que ça va nous mener à des résultats positifs", avait-il alors indiqué.Agées de 25 à 31 ans, les six victimes françaises avaient été envoyées par l'ONG Acted au Niger, où elles venaient notamment en aide aux populations déplacées.Après l'attaque, le ministère français des Affaires étrangères a placé l'ensemble du Niger à l'exception de la capitale Niamey en zone rouge, soit "formellement déconseillée".L'ONG Acted a pour sa part décidé de suspendre temporairement ses activités au Niger.Ces derniers mois, l'armée française et celles des pays africains du G5 Sahel ont multiplié les offensives dans la région, en particulier dans la zone dite des "trois frontières" entre Mali, Niger et Burkina Faso, mais elles peinent à contenir la menace jihadiste au Sahel.