France: fin du procès de l'attaque du Thalys, le verdict dans l'après-midi

17 décembre 2020 à 9h11 par AFP

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Le procès de l'attentat déjoué du train Thalys Amsterdam-Paris d'août 2015 s'est achevé jeudi matin devant la cour d'assises spéciale de Paris avec les derniers mots des accusés, après cinq semaines d'audience, le verdict étant attendu dans l'après-midi.

"Je suis désolé du fond du coeur". La voix étranglée par les sanglots, le tireur du train Thalys, Ayoub El Khazzani, s'est longuement excusé auprès des victimes depuis le box. La prison à perpétuité a été requise contre lui.Tourné vers la salle puis vers les avocats des parties civiles, ce Marocain âgé aujourd'hui de 31 ans a regretté de ne pas avoir donné "tous les éléments que vous cherchiez". "J'ai tout dit, du départ en Syrie jusqu'à la fin", a-t-il assuré.Ayoub El Khazzani a soutenu tout au long du procès qu'il avait reçu pour seule mission de son commanditaire, Abdelhamid Abaaoud, également coordinateur des attaques du 13 Novembre à Paris, de tuer les soldats américains et des membres de la Commission européenne, présents à bord du train à bord du train selon Abaaoud. Il a aussi maintenu qu'il avait lui-même renoncé au dernier moment, incapable de tirer sur d'autres hommes."Ca me déchire ce que j'ai fait, ça me glace le sang. (...) Dans ma cellule j'ai pensé à me faire du mal, mais je ne l'ai pas fait, pour être ici", a-t-il ajouté à l'adresse de la salle.Pour l'accusation, seules des munitions défectueuses et l'intervention des passagers qui ont réussi à le maîtriser ont empêché El Khazzani de commettre un massacre.Le 21 août 2015, Ayoub El Khazzani, 25 ans à l'époque, était monté en gare de Bruxelles à bord du Thalys armé d'une kalachnikov, d'un pistolet et d'un cutter, et de 300 munitions. Il avait été maîtrisé par des passagers, dont deux soldats américains en vacances et en civil, qui se sont jetés sur lui, évitant ainsi un massacre. Trois autres accusés sont jugés en même temps que lui, accusés d'avoir aidé El Khazzani et Abaaoud dans leur périple pour rejoindre l'Europe depuis la Syrie. Contre Bilal Chatra, Redouane El Amrani Ezzerrifi et Mohamed Bakkali, l'accusation a requis mardi respectivement 30, huit et 25 ans de prison, avec une période de sûreté des deux tiers.