Gabon: levée de l'immunité parlementaire de l'opposant Mba Obame

5 mai 2011 à 15h58 par La rédaction

LIBREVILLE (AFP)

L'Assemblée nationale a voté jeudi la levée de l'immunité parlementaire de l'opposant André Mba Obame qui s'était autoproclamé président du Gabon en janvier, ouvrant ainsi la voie à une procédure de justice à son encontre.

L'Assemblée a levé l'immunité par 79 voix pour, 3 contre et 3 abstentions, lors d'un vote secret.

Ni M. Mba Obame, ni aucun membre de sa formation l'Union nationale, n'étaient présents à la séance.Se déclarant menacé "physiquement" par le pouvoir, M. Mba Obame avait annoncé un peu plus tôt qu'il ne se rendrait plus à l'Assemblée.

"De toute façon, c'est couru d'avance.C'est un vote mécanique, le PDG (Parti démocratique gabonais, au pouvoir fondé par le président Omar Bongo) ayant la majorité", avait-il précisé à l'AFP.

L'Assemblée nationale avait repoussé, de mercredi à jeudi, l'examen de la levée de son immunité, M. Mba Obame n'ayant pas accepté de se rendre dans l'hémicycle sans 300 à 500 partisans qui étaient rassemblés devant le bâtiment de même qu'un important dispositif policier.

Ceux-ci réclamaient le droit d'assister au débat, l'accès leur étant refusé au motif que la salle était déjà pleine et ne pouvait contenir plus de monde.

Le débat sur sa levée avait commencé jeudi après-midi.

Ex-ministre de l'Intérieur, Ex-baron du parti au pouvoir et actuellement député, André Mba Obame s'était autoproclamé président du Gabon le 25 janvier et avait formé son propre "gouvernement".

Il s'était ensuite réfugié pendant un mois au siège d'une agence des Nations unies à Libreville avec ses "ministres" et plusieurs cadres de l'UN.L'UN a été dissoute le 27 janvier, mais ses membres ont déposé un recours devant le Conseil d'Etat le 27 avril.

La ministre de la Justice Ida Reteno Assonouet avait demandé la levée de l'immunité parlementaire le 14 mars, estimant qu'en prêtant serment et formant un "gouvernement", "M.Mba Obame et consorts ont porté atteinte à l'ordre et la sécurité publique, à l'autorité de l'Etat et au crédit de la Nation".