Guinée équatoriale: l'opposition dénonce un colloque gouvernemental sur les droits

Par AFP

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L'opposition équato-guinéenne a dénoncé vendredi un colloque sur les droits de l'homme organisé par le gouvernement fin avril, estimant que les violations desdits droits sont "monnaie courante" en Guinée équatoriale.

"Les violations des droits de l'homme sont monnaie courante par ceux qui détiennent le pouvoir en Guinée équatoriale", a indiqué dans un communiqué le principal parti d'opposition, Citoyens pour l'Innovation (CI, dissous en février par la justice). La Guinée équatoriale, dénoncée par des ONG pour ses manquements en matière de respect des droits humains, organise du 18 au 21 avril un colloque pour "apporter les réponses aux informations infondées contre la Guinée équatoriale", selon une note du gouvernement consultée par l'AFP.La Guinée veut, durant ce colloque, "contrecarrer la dérive médiatique faussement construite sur la situation des droits de l'homme et (la) liberté d'expression en Guinée équatoriale"."Il y a des prisonniers politiques", estime pour sa part le parti CI dans son communiqué."31 militants de CI ont été condamnés à plus de 40 ans (de prison) et purgent leur peine à la prison publique d'Evinayong", sur la partie continentale du pays, indique le texte."Nos militants ont été torturés dans les commissariats, certains ont les pieds et bras fracturés? d'autres ont encore les balles dans le corps comme Domingo Osa Ndong", continue le communiqué."Nous n'avons rien à cacher, et nous restons ouvert à tout le monde pour voir la réalité", avait indiqué à l'AFP, à la veille de l'ouverture du colloque, Alfonso Nsue Mokuy troisième vice-Premier ministre en charge des droits de l'homme."Il n'y a pas de prisonniers politiques en Guinée équatoriale", avait-il ajouté, soulignant que la Guinée a invité la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) à visiter la prison "Black Beach" de Malabo."Tout n'est pas parfait, mais il y a déjà un respect des standards internationaux", a indiqué à l'AFP M. Nsapu Mukulu, secrétaire général pour l'Afrique de lA FIDH, au lendemain de sa visite, le 18 avril.La Guinée équatoriale, dont la grande majorité des 1,2 million d'habitants vit dans la pauvreté, est dirigée de façon autoritaire par le président Obiang Nguema depuis 1979. Le pouvoir a obtenu 99 sièges sur 100 au Parlement aux élections de novembre, un siège allant au parti CI.Depuis ces élections, "les restrictions de liberté et arrestations, en particulier d'opposants politiques, se poursuivent sans discontinuer", selon l'Union européenne.