Image des otages: "un signe très encourageant" pour la présidente d'Areva

1er octobre 2010 à 4h42 par La rédaction

NIAMEY (AFP)

La présidente d'Areva Anne Lauvergeon a évoqué à son tour jeudi à Niamey "un signe très encourageant", après la diffusion d'une image des otages capturés mi-septembre sur le site minier du groupe français à Arlit (nord du Niger).

Après une rencontre avec le président nigérien Salou Djibo, elle a également réfuté devant la presse une "responsabilité" d'Areva dans la défaillance du système de sécurité.

"Cette vidéo, malgré une qualité des images qui n'est pas très bonne, est extrêmement émouvante.Elle nous a tous remués parce qu'on est tous un peu otages avec eux", a dit Mme Lauvergeon. "C'est un signe encourageant, très encourageant.(...) Ils sont en vie", a-t-elle ajouté, reprenant l'expression du ministère français des Affaires étrangères.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a mis en ligne jeudi une photo, accompagnée d'un enregistrement audio, des sept otages enlevés au Niger - cinq Français, un Togolais et un Malgache -, pour l'essentiel des collaborateurs d'Areva et de son sous-traitant Satom, filiale du groupe français Vinci.

"La sécurité c'est à la fois une affaire d'entreprise mais c'est aussi une affaire d'Etat.(...) Tout le monde est un peu responsable", a estimé la patronne du géant nucléaire français. "On ne va pas non plus porter des responsabilités alors que nous avons été attaqués", a-t-elle précisé, évoquant "une menace que personne n'attendait". "Il ne faut jamais confondre les agresseurs et les agressés", a-t-elle insisté, réfutant par ailleurs des "complicités" dans les rapts, évoquées de source proche de l'enquête.

Areva, qui a lancé un audit interne sur la sécurité de son site d'Arlit et les circonstances de l'enlèvement, a été accusée d'avoir insuffisamment tenu compte des menaces qui pesaient sur son personnel au Niger.

Après les rapts, Areva et Niamey s'étaient rejeté la responsabilité de la faille du dispositif sécuritaire du site d'extraction d'uranium.

Mme Lauvergeon, qui s'exprimait publiquement pour la première fois depuis les enlèvements, a toutefois vanté "la solidarité et l'unité" entre le Niger et son entreprise.

"Nous allons regarder ensemble avec bien sûr l'aide de la France (...) comment définir les nouvelles conditions de sécurité", sous l'égide du Premier ministre nigérien Mahamadou Danda, a-t-elle dit."Nous ne jouons pas avec la vie de nos salariés". "La priorité c'est la libération des otages mais c'est aussi de continuer et de ne pas se laisser arrêter par des actes terroristes", a encore affirmé Anne Lauvergeon, qui doit de nouveau rencontrer vendredi le général Djibo après un déplacement à Arlit.