Israël: des scientifiques en route vers le Soudan pour étudier les coraux

20 juillet 2021 à 17h39 par AFP

AFRICA RADIO

Une expédition scientifique emmenée par un Israélien a quitté mardi la ville israélienne d'Eilat (sud) pour rejoindre Port-Soudan et étudier les coraux de la mer Rouge avec des chercheurs soudanais, une initiative accélérée par la récente normalisation des relations entre les deux pays.


Pour la première fois, des chercheurs vont étudier l'ensemble de la mer Rouge pour récolter des informations précieuses sur la viabilité des coraux. Car si le réchauffement climatique et la hausse des températures font blanchir et mourir les coraux partout dans le monde, ceux du nord de la mer Rouge résistent bien.Maoz Fine, chercheur israélien de l'Institut interuniversitaire des sciences marines d'Eilat, codirige la mission. S'il plaide depuis longtemps pour une coopération régionale afin de mieux comprendre les différences entre le nord et le sud de la mer Rouge, les pays arabes voisins étaient réticents à collaborer officiellement avec Israël.De fait, même si l'idée du projet était née avant, l'accord de normalisation des relations entre Israël et le Soudan signé en janvier "est bien tombé", a affirmé à l'AFP Jean-Daniel Ruch, l'ambassadeur de Suisse en Israël dont le pays finance en partie et chapeaute l'expédition, via la participation d'Anders Meiborn, de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.Composée de six scientifiques et de quatre membres d'équipage européens, l'équipe de M. Fine atteindra les côtes soudanaises dans quatre jours. Elle va ensuite passer cinq à six semaines à prélever, avec des chercheurs soudanais, des échantillons de coraux pour étudier leur résistance à la chaleur, tout en naviguant vers le sud de la mer Rouge.Pour M. Fine, passer du nord au sud de la mer Rouge est comme "voyager dans le temps". Cela permettra d'obtenir de nouveaux éclairages sur les disparités entre les deux zones, a-t-il expliqué à l'AFP la veille du départ.Pour M. Meiborn, l'objectif de la mission est d'obtenir "une vue réelle et holistique des coraux, de leur état, de là où ils peuvent survivre et pour combien de temps".De quoi "comprendre où se trouvent les coraux qui ont le plus grand potentiel de survie", dit-il à l'AFP.Le projet, lancé officiellement le mois dernier avec un court séjour dans le golfe d'Aqaba en Jordanie, doit se poursuivre les trois prochaines années et gagner d'autres pays sur les rives de la mer Rouge.