Kenya: Odinga "ne reconnaît pas" sa défaite car l'élection a été "faussée"

9 mars 2013 à 8h10 par La rédaction

NAIROBI (AFP) - (AFP)

Raila Odinga, candidat battu par Uhuru Kenyatta à la présidentielle kényane selon les chiffres officiels provisoires, "ne reconnaît pas" sa défaite, car le scrutin a été "faussé", a déclaré samedi à l'AFP son principal conseiller Salim Lone.

M. Odinga devait s'exprimer samedi matin, une fois que la Commission électorale aurait annoncé les résultats officiels de l'élection de lundi dernier.Les résultats provisoires de l'ensemble des 291 circonscriptions compilés par la Commission donnent M. Kenyatta vainqueur au premier tour, avec environ 4.000 voix de plus que la majorité absolue.

Raila Odinga "ne reconnaîtra pas le résultat de cette élection, il contestera les résultats devant la Cour suprême", a déclaré M. Lone, joint par téléphone.

Il "ne reconnaît pas cette élection, car elle a été faussée" mais "il appelle néanmoins tous (ses) partisans à rester calme", a-t-il ajouté.

La coalition soutenant M. Odinga - en retard sur M. Kenyatta depuis le début des opérations de dépouillement - avait dénoncé jeudi le processus de compilation des résultats, affirmant que ceux-ci étaient "trafiqués".

De leur côté, Uhuru Kenyatta et son colistier William Ruto "sont fiers et honorés de la confiance placée en eux" par le pays, a réagi dans un communiqué leur coalition Jubilee.M. Kenyatta devait s'exprimer lui aussi en personne après l'annonce officielle des résultats par la Commission électorale.

Celle-ci n'a pas encore officiellement annoncé l'élection de M. Kenyatta à la tête de l'Etat et devait publier samedi vers 11H00 (08H00 GMT) les résultats officiels du scrutin.

Les résultats compilés de la totalité des 291 circonscriptions, affichés dans la nuit sur les écrans au siège de la Commission électorale, donnent à M. Kenyatta 6.173.433 voix sur un total de 12.338.667 de bulletins, soit 50,03% des votants.

De son côté M. Odinga, Premier ministre sortant, a recueilli 5.340.546 voix, soit 43,28% des votants et enregistre, à 68 ans, sa troisième et probable ultime défaite présidentielle.Les chiffres diffusés par la Commission montrent un taux de participation record, avoisinant les 85%.

Les partisans de M. Kenyatta, 51 ans, ont commencé à fêter, dès le milieu de la nuit, la victoire de leur champion, tandis que ceux de M. Odinga, sous le choc, attendaient que ce dernier s'exprime publiquement.

Aucun incident notable n'a été pour l'heure signalé, cinq ans après les terribles violences sur lesquelles avait débouché la défaite contestée de M. Odinga à la présidentielle de fin 2007, annoncée après un dépouillement soupçonné d'avoir été manipulé.

M. Kenyatta, qui soutenait à l'époque le sortant Mwai Kibaki - alors réélu de justesse et qui à 81 ne se représentait pas cette année -, et M. Ruto, à l'époque derrière M. Odinga, sont tous deux inculpés par la Cour pénale internationale (CPI) pour leur rôle présumé dans l'organisation de ces violences entre partisans des deux camps.

L'alliance, a priori contre nature, entre ces deux anciens ennemis est une des clés de la large victoire de M. Kenyatta.

Interrogé par l'AFP sur les conséquences de cette élection sur la comparution prochaine des deux hommes devant la CPI, un porte-parole de la coalition Jubilee s'est refusé à tout commentaire, mais a renvoyé à de précédentes déclarations de M. Kenyatta assurant qu'il collaborerait dans tous les cas avec l'institution judiciaire internationale.