Kenya: un procès à la CPI de ses dirigeants pourrait déstabiliser la région

21 novembre 2013 à 18h46 par La rédaction


La Haye (AFP)

Le Kenya a averti jeudi que le procès de ses deux plus hauts dirigeants politiques devant la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye pourrait compromettre la sécurité dans la région déjà instable d'Afrique de l'Est.

Les poursuites pour crimes contre l'humanité contre le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto ont créé "des problèmes particuliers pour la paix et la sécurité régionale", a déclaré le procureur général kenyan, Githy Muigai.

Il s'exprimait au deuxième jour d'une réunion annuelle des membres de la CPI basés à La Haye, au cours d'une session qui traitait de la nécessité ou non d'octroyer l'immunité aux présidents en exercice. 

"Le Kenya est le pivot de la paix et de la sécurité pour plus de 250 millions de personnes, de Djibouti à l'est du Congo.Le Kenya est l'un des plus importants piliers de l'Afrique de l'Est" dans le combat contre le terrorisme, le trafic de drogue et la piraterie, a souligné Githy Muigai.

Il a ajouté que "ce n'est pas, dans notre humble opinion, un pays avec lequel la communauté internationale devrait jouer à la roulette russe".

Certains pays africains profitent de cette rencontre annuelle pour exprimer leurs critiques contre la CPI, qu'ils tiennent pour raciste.

La CPI a ouvert huit enquêtes depuis sa création en 2003, toutes concernant des Africains.

Seuls les cas kenyans ont été cependant lancé par le procureur de la CPI, tous les autres ont été réclamé par les Etats concernés ou bien par le Conseil de Sécurité de l'ONU.

Des délégués des 122 états membres de la cour ont écouté jeudi après-midi un débat spécial concernant un changement possible du traité fondateur de la CPI, le Statut de Rome, afin qu'il inclue l'immunité aux chefs d'état en exercice. 

Ce débat de l'Assemblée des Etats Parties (AEP)a eu lieu à la demande de l'Union Africaine. 

Uhuru Kenyatta et William Ruto sont accusés d'avoir organisé des violences après les élections de 2007, qui ont fait plus de 1.100 morts, ce que les deux hommes contestent.