Khamis, donné pour mort, à la télé, offensive diplomatique des Etats-Unis

10 août 2011 à 11h52 par La rédaction

TRIPOLI (AFP) - (AFP)

Khamis, le plus jeune fils de Mouammar Kadhafi, est apparu mercredi à la télévision quelques jours après l'annonce de sa mort par les rebelles alors que les Etats-Unis ont lancé une offensive diplomatique auprès de pays africains pour les inciter à lâcher leur ex-allié.

La télévision a montré des images de Khamis, en tenue militaire, qui visitait un hôpital où des "victimes de raids de l'Otan" étaient hospitalisées.

La visite a eu lieu mardi, selon la télévision.

Il s'agit de la première apparition de Khamis, âgé de 28 ans, depuis l'annonce vendredi de sa mort par les rebelles.

Un porte-parole des forces hostiles à Mouammar Kadhafi avait annoncé la mort de Khamis, l'une des figures les plus actives de son clan dans la guerre contre les rebelles, lors d'un raid nocturne de l'Otan à Zliten (150 km à l'est de Tripoli).

 Plus tard, le régime avait démenti ces informations les qualifiant de "sales mensonges".

Au plan international, les initiatives pour faire plier le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, se poursuivent.

Lundi, de hauts responsables de la diplomatie américaine ont entamé une tournée en Afrique pour exhorter les dirigeants du continent à faire pression sur Mouammar Kadhafi pour qu'il cède le pouvoir en Libye, a annoncé le département d'Etat.

Un certain nombre de pays africains qui ont bénéficié des largesses du régime libyen se sont refusés jusqu'à maintenant à appeler le colonel Kadhafi à se retirer et ont condamné les opérations de l'Otan.

Gene Cretz, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Libye, et Donald Yamamoto, un haut responsable du département d'Etat, sont arrivés lundi à Addis Abeba, où se trouve le siège de l'Union africaine (UA), a indiqué Mark Toner, un porte-parole de la diplomatie américaine.

Ils ont également parlé à Mahmoud Jibril, le numéro deux de la rébellion libyenne, en visite en Ethiopie.

L'Union africaine avait tenté une médiation début juillet entre le régime et les rebelles.Elle avait adopté un accord-cadre en vue d'une solution politique mais le Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion libyenne, l'avait rejeté car il permettait à Mouammar Kadhafi de rester au pouvoir.

Sur le front diplomatique, les Etats-Unis ont autorisé le CNT à rouvrir l'ambassade de Libye à Washington.Les Etats-Unis ont reconnu mi-juillet le CNT comme "l'autorité gouvernementale légitime" de la Libye.

L'ambassadeur de Libye à Washington, Ali Aujali, avait démissionné en février pour protester contre Mouammar Kadhafi et sa "dictature".Il a, depuis, rallié le CNT.

Par ailleurs, quatre anciens députés européens - trois Français et un Britannique - se sont rendus début août à Tripoli, où ils ont eu des contacts avec des responsables du régime de Mouammar Kadhafi, a annoncé l'un d'eux à l'AFP.

"Comment ne pas s'interroger sur une intervention militaire initialement légitime, sous l'égide de l'ONU, pour neutraliser le ciel libyen et protéger les populations civiles de Benghazi et constater qu'elle a perdu ensuite de sa neutralité et de sa raison originelle?", affirment dans une déclaration envoyée à l'AFP les quatre ex-élus européens dont le Français Thierry Cornillet (Parti radical, centre-droit), président de l'Association internationale des régions francophones (AIRF).

M. Cornillet affirme avoir été sollicité par des élus de pays de la région du Sahel pour organiser ce déplacement du 4 au 7 août à Tripoli.

L'Otan dirige depuis le 31 mars une intervention militaire en Libye ayant pour objectif, sous mandat de l'ONU, de protéger la population civile de la répression sanglante d'un soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi.

Mardi, le régime libyen a accusé l'Otan d'avoir tué 85 personnes dont des femmes et des enfants dans des raids aériens contre un village à l'est de Tripoli, mais l'Alliance atlantique a affirmé ne pas avoir de preuve de la mort de civils.

Commentant les émeutes à Londres, le régime a appelé mercredi au départ du Premier ministre britannique David Cameron affirmant qu'il avait "perdu toute légitimité" en raison des émeutes qui secouent le Royaume-Uni.

"Cameron et son gouvernement doivent partir après les manifestations populaires contre eux et la violente répression exercée par sa police contre ceux qui ont participé à ces manifestations pacifiques", a déclaré le vice-ministre libyen aux Affaires étrangères, Khaled Kaaim, cité par l'agence officielle Jana.

Le Royaume-Uni et la France sont les fers de lance de l'opération militaire de l'Otan contre les forces loyales à Mouammar Kadhafi.