Khartoum se retirera des négociations de Doha si pas d'accord d'ici vendredi

Par La rédaction

KHARTOUM (AFP)

Le Soudan va se retirer du processus de paix pour le Darfour à Doha, au Qatar, et organiser ses propres négociations si aucun accord n'intervient d'ici la fin de la semaine avec la rébellion, a averti mercredi le président Omar el-Béchir.

"Si nous parvenons demain à un accord: Dieu soit loué.Mais s'il n'y a pas d'accord, nous allons retirer notre équipe de négociation.Les négociations auront alors lieu au Darfour", a déclaré le raïs lors d'un discours à Nyala, la métropole du Darfour, devant des milliers de supporters.

"Nous combattrons l'homme qui choisira de prendre les armes, mais nous nous assiérons à côté de celui celui-ci qui veut le développement", a ajouté le président soudanais dans un discours retransmis en direct par la télévision nationale.

Le conseiller du président Béchir pour le Darfour, Ghazi Salaheddine, était attendu mercredi à Doha, au Qatar, pays hôte des négociations de paix sur le Darfour, selon l'agence officielle Suna.

Les autorités soudanaises avaient déjà mentionné que le 31 décembre 2010 était la date butoir pour conclure un accord avec la rébellion darfourie, car à partir de janvier, elles seront focalisées sur le référendum d'indépendance du Sud-Soudan.

Le gouvernement soudanais et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, ont entamé il y a dix jours des pourparlers à Doha en vue d'un cessez-le-feu.

Le Mouvement de libération pour la justice (LJM), regroupement de petites factions darfouries sans grande capacité de nuisance sur le terrain, devait finaliser à la mi-décembre un accord de paix avec Khartoum, mais la signature a été reportée.

Des combats meurtriers depuis le 10 décembre au Darfour ont forcé le déplacement d'environ 32.000 personnes, selon les estimations des casques bleus.