L'armée soudanaise annonce la prise de deux secteurs à la frontière avec le Soudan du Sud

9 mai 2012 à 22h36 par La rédaction


KHARTOUM (AFP) - (AFP)

L'armée soudanaise a annoncé mercredi qu'elle avait attaqué des troupes du Soudan du Sud et des rebelles alliés à ces dernières, les repoussant hors de deux secteurs le long de la frontière entre les deux pays. 

"Les soldats des SAF (Forces armées soudanaises, ndlr) ont attaqué Kafindibei le 7 mai et après d'intenses combats l'ont complètement sécurisée", a déclaré le porte-parole de l'armée soudanaise Sawarmi Khaled Saad, cité par l'agence de presse officielle Suna. 

"Aujourd'hui, le 9 mai, les soldats ont poursuivi leur avancée jusqu'à Kafia Kingi (...) et sont parvenus à  infliger une défaite aux soldats de la SPLA (armée du Soudan du Sud, ndlr) et à leurs alliés", a-t-il ajouté.

Ces deux zones se trouvent dans l'Etat du Darfour du Sud, au Soudan, juste sur la frontière avec l'Etat du Bahr El Ghazal occidental, au Soudan du Sud.

Le Soudan a jugé mercredi qu'un accord sur la frontière avec le Soudan du Sud était nécessaire avant tout retrait des troupes de cette zone disputée, au moment où expirait un délai en ce sens fixé par l'ONU.

Le Soudan du Sud a pour sa part affirmé avoir retiré ses hommes de la frontière, comme le voulait une résolution de l'ONU adoptée le 2 mai.Il a en outre fait part de sa préoccupation après des bombardements effectués selon lui par Khartoum lundi et mardi sur plusieurs régions sud-soudanaises, l'accusant de violer le cessez-le-feu entré en vigueur le 4 mai.

Selon ce texte du Conseil de sécurité, qui avait qualifié la situation à la frontière de "grave menace pour la paix et la sécurité internationales" et brandi la menace de sanctions en cas de poursuite des hostilités, les deux pays doivent établir une "zone démilitarisée sécurisée" à la frontière.

Et les deux voisins avaient jusqu'au 9 mai pour éloigner leurs militaires de 10 km de la frontière.

Les tensions n'ont cessé de s'intensifier depuis l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011 en raison de différends jamais réglés, parmi lesquels la délimitation de la frontière commune, le partage des revenus pétroliers et le statut de zones contestées, comme celle d'Abyei.