L'ex président Zuma face à une lourde ardoise de frais de justice

13 décembre 2018 à 11h42 par AFP

AFRICA RADIO

L'ancien président sud-africain Jacob Zuma, poursuivi pour corruption, doit couvrir ses frais de justice, a décidé jeudi un tribunal, le laissant devant des sommes considérables à payer.

Selon les médias locaux, M. Zuma, évincé du pouvoir en février à la suite de multiples scandales de corruption, pourrait être tenu responsable d'une facture juridique de 2 millions de dollars et qui pourrait encore augmenter de manière spectaculaire."L'Etat n'est pas responsable des frais de justice encourus par M. Jacob Gedleyihlekisa Zuma à titre personnel dans les poursuites pénales engagées contre lui", a déclaré le juge Aubrey Ledwaba dans son jugement à la Haute Cour de Pretoria. Il a également ordonné le recouvrement des fonds publics précédemment dépensés pour la défense de M. Zuma, statuant à la demande de partis d'opposition.M. Zuma devrait faire appel de ces décisions."Le système de corruption où ceux qui pillent l'État sont en mesure de se défendre avec les deniers publics a été stoppé aujourd'hui", a déclaré le principal parti d'opposition de l'Alliance démocratique dans un communiqué.M. Zuma, dont on pense qu'il a peu de fortune personnelle, doit comparaître de nouveau devant le tribunal en mai pour savoir si les accusations de corruption portées contre lui doivent être abandonnées ou s'il doit être jugé.L'ancien président sud-africain, au pouvoir entre 2009 et le début de 2018, tente de faire annuler les accusations portant sur une affaire de corruption de 2,5 milliards de dollars liée à une vente d'armes dans les années 1990. Il est accusé d'avoir reçu environ quatre millions de rands (340.000 dollars, 280.000 euros) de pots-de-vin du groupe de défense français Thales.Seize chefs d'accusation ont été retenus pour fraude, racket et blanchiment d'argent. M. Zuma et Thales rejettent toutes les accusations portées pour la première fois contre l'ex chef de l'Etat en 2005. Elles avaient été abandonnées par les procureurs en 2009, peu avant qu'il ne devienne président, avant d'être réintroduites en 2016.M. Zuma a été contraint de démissionner après une longue confrontation avec son propre parti, l'ANC. Son successeur, Cyril Ramaphosa, a juré d'éradiquer la corruption au gouvernement et dans le parti.bgs/hmw/jlb/jpc