La Centrafrique informe l'ONU de l'arrivée de 600 "instructeurs" russes supplémentaires

Par AFP

AFRICA RADIO

La Centrafrique a notifié au Conseil de sécurité de l'ONU son intention d'accueillir prochainement 600 nouveaux "instructeurs" russes en plus des centaines de paramilitaires qui l'aident depuis cinq mois à combattre une rébellion, ont indiqué des sources diplomatiques à l'ONU.

Moscou, qui exerce une grande influence dans ce vaste pays pauvre d'Afrique centrale, entretenait depuis 2018 un important contingent d'"instructeurs" pour former l'armée centrafricaine. Mais en décembre, la Russie a dépêché d'urgence des centaines de paramilitaires pour voler au secours de l'armée démunie du président Faustin Archange Touadéra, menacé par une rébellion.Bangui avait alors parlé de "militaires" russes dans le cadre d'un accord de défense bilatéral, avant que Moscou ne corrige en les qualifiant d'"instructeurs".De nombreux témoins ainsi que des ONG assurent qu'il s'agissait en fait de combattants du groupe de sécurité privé russe Wagner qui participent activement, aux côtés de forces spéciales rwandaises et de Casques bleus de l'ONU, aux combats contre les rebelles, à présent dispersés dans les campagnes après avoir menacé la capitale Bangui.La Centrafrique a transmis le 10 mai au Conseil de sécurité une "notification" annonçant "la mise à disposition prochaine par la Russie de 600 instructeurs" supplémentaires, ont indiqué jeudi à l'AFP des sources diplomatiques de l'ONU à New York.Cette notification a été suivie par un gel du processus à la demande de la France, de l'Estonie, de l'Irlande, du Royaume-Uni et des Etats-Unis, cinq pays qui ont demandé des "précisions" sur ce nouveau déploiement, selon les mêmes sources. Officiellement, Moscou ne reconnaît que la présence de 535 "instructeurs" russes sous contrat avec le ministère de la Défense, et affirme qu'ils forment les soldats centrafricains ou assurent la protection rapprochée de M. Touadéra mais ne combattent pas "sauf s'ils sont pris pour cible", avait affirmé récemment à l'AFP l'ambassadeur russe Vladimir Titorenko.Mais selon plusieurs sources diplomatiques et sécuritaires en Centrafrique, il y a actuellement entre 800 et 2.000 de ces paramilitaires russes dans le pays.Depuis 2018, la Russie a considérablement renforcé sa présence et son influence en Centrafrique où un Russe, Valery Zakharov, exerce les fonctions de conseiller du président Touadéra pour la Sécurité nationale.Bangui a également accordé des permis d'exploitation d'or et de diamant à des sociétés russes suspectées d'être liées à Evgueni Prigojine, un proche du président russe Vladimir Poutine et réputé être le principal financier de Wagner.En mars, un groupe d'experts de l'ONU s'est inquiété d'informations faisant état de "graves violations des droits humains" commises par des paramilitaires combattant aux côtés des soldats centrafricains, évoquant notamment des combattants "du groupe Wagner".