La crise libyenne a transformé le Sahel "en poudrière", selon un ministre nigérien

Par La rédaction

ALGER (AFP) - (AFP)

La crise libyenne a transformé le Sahel "en poudrière", a déclaré mercredi le ministre nigérien des Affaires étrangères Mohamed Bazoum à l'ouverture d'une conférence internationale de deux jours à Alger consacrée à cette région.

"La région a été transformée en poudrière", a-t-il dit aux 38 délégations présentes à cette conférence organisée par l'Algérie à la demande des pays dits du "champ", en référence aux quatre pays sahéliens -Algérie, Niger, Mali et Mauritanie, touchés par le terrorisme, le crime organisé transnational et la pauvreté.

Pour illustrer cette menace, M. Bazoum a évoqué la circulation des armes provenant de Libye où le colonel déchu Mouammar Kadhafi avait distribué des armes avant que ses arsenaux ne tombent en diverses mains.Il a évoqué une série de vols de véhicules tout terrain qui écument désormais les quelque 8 millions de km2 du Sahel avec à leur bord des terroristes d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou trafiquants.

Tant le ministre nigérien que ses collègues malien, mauritanien et algérien ont noté l'influence de cette situation "sur la sécurité globale" du monde.

Toutefois, le ministre malien des Affaires étrangères Soumeylou Boubèye Maïga a jugé que cette situation ne requiert "pas l'envoi de troupes extra-régionales dans la région".

"La responsabilité de maintenir la sécurité est d'abord fondamentalement du ressort des pays voisins", a-t-il dit se faisant l'écho des Algériens, très chatouilleux sur la nécessité de maintenir hors de la région des troupes étrangères.

Les représentants de la France, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et de l'Union européenne qui ont pris la parole à l'ouverture des travaux ont confirmé: "cet effort doit être mené par les pays de la région", a notamment déclaré l'un d'entre eux, l'Américaine Shari Villarosa.

Ce qui n'empêche pas des programmes de formation et d'aide en cours aux pays de la région.L'Union européenne a chiffré son aide globale pour la région à 650 millions d'euros tant pour des programmes de développement que pour la formation et l'aide militaires.