Le nouveau gouvernement égyptien investi

Par La rédaction

LE CAIRE (Egypte) (AFP) - (AFP)

Le gouvernement profondément remanié du Premier ministre égyptien Essam Charaf a été investi jeudi, a annoncé l'agence officielle Mena.

Environ la moitié des portefeuilles change de mains, mais plusieurs ministres contestés, en raison de leurs liens avec le régime déchu de Hosni Moubarak ou de leur manque d'implication dans des réformes, restent en place.

Ce gouvernement, dont la formation a été retardée de plusieurs jours en raison de tractations et de pressions de la rue, a pour mission de restaurer la confiance dans la réalisation des changements promis après la chute de M. Moubarak en février.

"Les nouveaux ministres du gouvernement de M. Charaf ont prêté serment devant le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées", l'instance qui dirige le pays depuis le départ de M. Moubarak, a rapporté la Mena.

Le ministre des Affaires étrangères, Mohamed el-Orabi, est remplacé par un autre diplomate de carrière, Mohammed Kamel Amr.Idem pour le ministre des Finances, Samir Radwane, qui cède sa place à un nouveau Premier ministre adjoint, l'économiste Hazem Beblawi, qui cumulera les fonctions.

Deux personnalités très en vue, dont les manifestants de la place Tahrir au Caire demandent le départ, conservent leur place: le ministre de la Justice Abdel-Aziz al-Guindi et celui de l'Intérieur, Mansour Issaoui.

Deux anciens ministres du temps de M. Moubarak se trouvent par ailleurs encore dans le gouvernement remanié: Fayza Aboul Naga (Coopération internationale) et Hassan Younis (Energie).

Le poste de ministre des Antiquités n'est pas pourvu.Un nouveau titulaire pressenti ces derniers jours pour succéder à l'archéologue médiatique et controversé Zahi Hawass a refusé la place.Selon la presse, le ministère lui-même pourrait disparaître.

La formation du gouvernement, discutée depuis plus d'une semaine, était attendue lundi, mais elle a été reportée à la suite de difficultés concernant plusieurs portefeuilles.

Elle a également été repoussée après un malaise dû officiellement au surmenage du Premier ministre, 59 ans, qui a conduit à sa brève hospitalisation pour des examens lundi soir et à une journée de repos mardi.

Ce remaniement se fait sous la pression de manifestants qui campent depuis près de deux semaines place Tahrir au Caire pour réclamer davantage de réformes et le départ de personnalités jugées proches de l'ancien pouvoir.