Liberia: référendum constitutionnel à sept semaines de la présidentielle

23 août 2011 à 4h12 par La rédaction

MONROVIA (AFP) - (AFP)

Les Libériens sont appelés mardi à se prononcer sur des changements de leur Constitution lors d'un référendum décrié par l'opposition, à sept semaines de l'élection présidentielle.

Plusieurs partis d'opposition ont rejeté les réformes proposées et invité les électeurs au boycott ou à voter non, alors que la présidente Ellen Johnson Sirleaf les a exhortés à se rendre massivement aux urnes et à voter oui.

Près de 1,8 million de Libériens - sur 4 millions d'habitants - sont appelés à voter de 08H00 à 18H00 locales (GMT).Pour être adoptées, les modifications doivent être approuvées par deux tiers des électeurs.

Si ces changements sont validés, ils peuvent modifier le calendrier électoral, qui prévoit actuellement le premier tour des élections présidentielle et législatives le 11 octobre, et un éventuel second tour le 8 novembre.

Selon la Constitution actuelle, qui date de 1986, les candidats déclarés à une présidentielle doivent résider dans le pays au moins dix ans avant le scrutin.Certains amendements soumis au référendum envisagent de réduire cette durée à au moins cinq ans, mais aussi de repousser d'octobre à novembre le premier tour des élections générales.

La disposition sur la résidence obligatoire dans le pays avait été suspendue lors de la présidentielle de 2005, remportée par Ellen Johnson Sirleaf, qui a vécu longtemps à l'étranger, à l'instar de nombreux Libériens ayant quitté le pays en raison de la guerre civile (1989-2003).

Les changements proposés concernent aussi l'âge de départ à la retraite des juges de la Cour suprême (de 70 à 75 ans, et le type de majorités requise pour remporter une élection au premier tour.Selon un des amendements, la majorité absolue ne sera plus appliquée que pour la présidentielle, alors que la majorité simple sera appliquée pour les autres élections nationales et locales.

Des cas de violences ou d'intimidation impliquant des acteurs politiques ont été enregistrés ces derniers jours au Liberia, suscitant des craintes de tensions politiques autour du référendum.

Dans un message à la Nation la semaine dernière, la présidente Sirleaf avait mis en garde contre les violences à caractère politiques, pour éviter de "replonger le pays dans un autre conflit".

Lundi, la chef de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul), Ellen Margrethe Loj, a exhorté à un référendum apaisé.

Selon la commission électorale, les résultats du référendum seront publiés le 7 septembre, trois jours avant la liste définitive des candidats retenus pour la présidentielle.Elle a publié lundi une "liste provisoire" de 16 candidats, tous issus de partis politiques.