Libye: appels à la désobeissance civile à Benghazi après des violences meurtrières

26 novembre 2013 à 9h05 par La rédaction


Benghazi (Libye) (AFP)

Des dirigeants locaux de la ville de Benghazi, dans l'est libyen, appellent mardi les habitants de la ville à la désobéissance civile pour dénoncer les violences, après des heurts meurtriers la veille entre l'armée et un groupe salafiste.

Le Conseil local de Benghazi (mairie) a appelé dans un communiqué à la "désobéissance civile" durant trois jours à compter de mardi, en observant notamment des grèves, et décrété un deuil pour la même période.

Dans son communiqué, le Conseil a demandé "aux membres du Congrès général national (CGN) issus de Benghazi de rentrer immédiatement", en signe de protestation contre les heurts de la veille.

Des affrontements violents ont opposé lundi durant plusieurs heures les forces spéciales de l'armée régulière et Ansar Ashariaa, un groupe salafiste jihadiste, faisant sept morts et une  cinquantaine de blessés, selon un dernier bilan du ministère de la Santé.

Le calme régnait mardi matin à Benghazi où l'armée s'est massivement déployée dans la nuit notamment aux principaux carrefours de la ville, selon un journaliste de l'AFP.

Les autorités libyennes tentent de calmer la situation et le Premier ministre Ali Zeidan s'est rendu lundi soir à Benghazi pour s'entretenir avec les responsables de sécurité de la ville.

Le ministre de la Défense Abdallah al-Teni a indiqué par ailleurs que ses services étaient en contact avec Ansar Ashariaa qui réclame un corridor sécurisé pour se retirer de la ville avec son armement.

Mais les commandants des différentes unités de l'armée dans la ville se sont dits prêts à les laisser partir, mais sans leurs armes lourdes, selon le ministre cité par une source du Congrès général national (CGN).

Composé d'anciens rebelles ayant combattu les forces loyalistes en 2011, Ansar Ashariaa ("les partisans de la loi islamique", en arabe) a été créé après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Ce groupe salafiste est soupçonné d'avoir attaqué des juges et des membres des forces de l'ordre et d'avoir perpétré l'attaque contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, qui avait coûté la vie à quatre Américains, dont l'ambassadeur, en septembre 2012.Ansar Ashariaa a toutefois démenti toute implication.