Libye: libération des quatre employés de la Cour pénale internationale

Par La rédaction

ZENTEN (Libye) (AFP) - (AFP)

La Libye a libéré lundi quatre fonctionnaires de la Cour pénale internationale (CPI) détenus depuis près d'un mois après une visite à Seif al-Islam Kadhafi, qui devraient quitter le pays en fin de journée.

"Les quatre membres (de la délégation de la CPI) ont été libérés", a annoncé à la presse Ajmi al-Atiri, commandant de la brigade qui détient le fils de l'ancien homme fort du pays à Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, peu après l'arrivée sur place du président de la CPI, le Sud-coréen Sang-Hyun Song.

Melinda Taylor, une avocate australienne travaillant à la défense de Seif al-Islam, ainsi que l'interprète libanaise Helen Assaf, le Russe Alexander Khodakov et l'Espagnol Peralta Losilla, avaient été arrêtés le 7 juin à Zenten alors qu'ils venaient visiter Seif al-Islam, arrêté en novembre.

Les autorités libyennes ont accusé la délégation d'avoir porté atteinte à la "sécurité nationale".Mme Taylor est en effet accusée d'avoir apporté un stylo-caméra lors de sa visite au détenu et d'avoir essayé de lui transmettre une lettre codée de l'ancien bras droit de Seif al-Islam, Mohammed Ismaïl, l'un des hommes les plus recherchés par la justice libyenne.

Après l'annonce de leur libération, les quatre fonctionnaires et M. Song ont été conviés à un déjeuner tardif, selon un journaliste de l'AFP.Ils semblaient en bonne santé, Mmes Taylor et Assaf étant vêtues d'une abaya, une robe traditionnelle ample, et d'un foulard islamique.

Selon le ministre adjoint libyen aux Affaires étrangères, Mohammed Abdelaziz, leur libération intervient dans le cadre d'un accord entre la Libye et la CPI, qui s'est engagée à poursuivre sa propre enquête sur l'affaire et tenir Tripoli informée.

Il a précisé que les quatre fonctionnaires faisaient toujours l'objet d'une procédure judiciaires en Libye, et qu'un éventuel verdict serait transmis à la CPI pour qu'elle en tienne compte.

Les "excuses" des responsables de la CPI

S'exprimant lors de la même conférence de presse, Sang-Hyung Song, a remercié les autorités libyennes pour leur travail de médiation avec la brigade d'anciens combattants rebelles qui détenait ses quatre collègues.

"Je tiens à présenter mes excuses pour les difficultés provoquées par ces événements.Il va y avoir une enquête après le retour des fonctionnaires (de la CPI) à La Haye.Toute mauvaise conduite sera sanctionnée de la manière appropriée", a-t-il ajouté.

M. Ajmi, le commandant de la brigade de Zenten, a expliqué à la presse qu'il s'était attendu à ce que des partisans de l'ancien régime cherchent à faire évader Seif al-Islam, longtemps considéré comme successeur potentiel de son père, mais qu'il n'imaginait pas que cela puisse venir de membres d'une institution internationale respectée.

Seif al-Islam, 39 ans, fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour des crimes contre l'humanité commis pendant la révolte qui a provoqué la chute puis la mort de Mouammar Kadhafi en 2011.

Les autorités libyennes ont déposé le 1er mai une requête contestant la compétence de la CPI pour poursuivre le seul fils de l'ancien dirigeant à être détenu en Libye.Mais elles n'ont toujours pas obtenu que la brigade qui le détient à Zenten depuis son arrestation en novembre le transfère à Tripoli.

Seif al-Islam est l'un des plus importants responsables de l'ère Kadhafi détenus en Libye, avec l'ancien Premier ministre Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, extradé de Tunisie le 24 juin et incarcéré près de Tripoli.