Libye: Zuma hausse le ton face à l'OTAN, tandis que des combats à l'arme lourde se poursuivaient au sud de Tripoli

Par La rédaction

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PRETORIA (AFP) - (AFP)

Le président sud-africain Jacob Zuma a haussé le ton dimanche face à l'OTAN, soulignant qu'elle n'a pas été mandatée par l'ONU pour conduire "l'assassinat politique" de Mouammar Kadhafi, au moment où des combats à l'arme lourde étaient enregistrés à 50 (bien 50) km de Tripoli.

Ces combats résonnaient dimanche matin dans une plaine s'étendant entre les montagnes berbères, tenues par les rebelles libyens, et Tripoli, bastion du régime situé à une cinquantaine de kilomètres de là, a constaté un journaliste de l'AFP.

D'intenses bombardements aux roquettes de type Grad et des tirs soutenus de mitrailleuses lourdes étaient entendus depuis Yefren, à une quinzaine de kilomètres au nord.Les combats se situent à Bir Al-Ghanam, au nord de Bir Ayad --position située sur la route de la capitale et prise par les rebelles depuis trois semaines--, selon la rébellion.

Les insurgés ont étendu leur contrôle sur les montagnes berbères la semaine dernière en s'emparant de la zone allant de Zenten à Yefren, à environ 80 km sud de Tripoli.Fin avril, l'Otan avait mené des raids sur la région de Bir Al-Ghanam.

Réuni dimanche à Pretoria, le comité des médiateurs de l'Union africaine (UA), composé de cinq chefs d'Etat - Afrique du Sud, Congo, Mali, Ouganda, Mauritanie- passait en revue les efforts de médiation devant aider à un règlement de la crise libyenne.

Mais d'emblée, le président Jacob Zuma a souligné la "préoccupation" du comité et de l"assemblée de l'UA devant les "bombardements continus de l'OTAN", ajoutant que "la finalité de la résolution 1973 (de l'ONU, adoptée le 17 mars) était de protéger le peuple libyen et faciliter les efforts humanitaires".

"La finalité n'était pas d'autoriser une campagne pour un changement de régime ou un assassinat politique" de Mouammar Kadhafi, a souligné le M. Zuma à l'ouverture des discussions du comité, selon le texte de son discours dont l'AFP a obtenue une copie.

Cette réunion s'est ouverte alors que les rebelles libyens ont indiqué samedi soir attendre rapidement une offre de Kadhafi pour mettre fin à une guerre de plus de quatre mois.

Elle intervient juste avant le 17e sommet de l'Union africaine qui se tiendra à Malabo, en Guinée-équatoriale du 30 juin au 1er juillet à l'heure où la crise libyenne divise de plus en plus les pays du continent.

L'UA a proposé une "feuille de route" pour mettre fin au conflit, acceptée par Mouammar Kadhafi mais rejetée par les insurgés, combattant depuis février le régime de M. Kadhafi, dont les forces sont visées depuis mars par les frappes d'une coalition internationale.

Cette feuille de route prévoit un cessez-le-feu et l'instauration d'une période de transition conduisant à des élections démocratiques.

A Tripoli, un bateau affrété par le Comité international de la Croix-rouge (CICR) est arrivé dimanche en provenance de la ville rebelle de Benghazi (est), avec quelques dizaines de familles à bord, a constaté un journaliste de l'AFP.

106 personnes, dont la plupart sont des femmes, hommes âgés ou enfants, bloquées à Benghazi depuis le début du conflit en Libye, ont retrouvé leurs proches après quatre mois de séparation.

Sur le quai, Mohamed, la cinquantaine, attendait sa soeur et sa mère.

"Je ne les ai pas vues depuis quatre mois et les communications sont très difficiles avec Benghazi.Dieu merci.Le cauchemar est fini", a-t-il déclaré, larmes aux yeux.