Maroc: le Mouvement du 20 février continuera de manifester pacifiquement

Par La rédaction

RABAT (AFP)

Le Mouvement de jeunes du 20 février, qui appelle à des réformes politiques au Maroc, s'est dit jeudi déterminé dans sa revendication d'une "véritable" monarchie parlementaire et dans son choix de manifester pacifiquement.

"Nous sommes attachés à nos revendications, à savoir une monarchie parlementaire et le jugement de tous les responsables de dilapidation des biens publics", a déclaré jeudi Najib Chaouki lors d'une conférence de presse à Rabat.

"Nous voulons également répondre aux autorités qui accusent le mouvement d'être manipulé par les islamistes et les gauchistes: notre mouvement est indépendant même s'il regroupe en son sein des sensibilités politiques diverses.C'est un mouvement pacifique et ouvert", a ajouté M. Chaouki.

Pour justifier le recours à la force contre les jeunes manifestants, les autorités mettent régulièrement en cause des mouvements islamistes comme "Justice et bienfaisance", ainsi que les "milieux gauchistes".

Lundi, la Commission européenne a exprimé son inquiétude après les incidents qui ont émaillé une manifestation des jeunes du Mouvement du 20 février qui réclamaient des réformes politiques dimanche à Casablanca et à Tanger.

"Le Mouvement n'est pas un mouvement radical, ou qui se radicalise.Nous sommes attachés à un changement pacifique vers une véritable monarchie parlementaire au Maroc", a indiqué pour sa part Amina Boughalbi, 21 ans, une jeune militante lors de la conférence de presse.

Un appel à manifester pacifiquement le 5 juin a été de nouveau lancé par le Mouvement, "partout au Maroc pour protester contre la répression" des manifestations et pour soutenir les revendications démocratiques.

Le 9 mars, le roi Mohammed VI a annoncé d'importantes réformes constitutionnelles prévoyant notamment le principe de séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre.

Ces annonces ont été jugées insuffisantes par le Mouvement.