Mozambique: premier accusé, premiers aveux au procès de la "dette cachée"

24 août 2021 à 15h38 par AFP

AFRICA RADIO

Un agent du renseignement mozambicain, premier des 19 accusés entendu dans le procès de la "dette cachée", un des plus grands scandales de corruption du Mozambique, a avoué mardi avoir touché des pots-de-vin et mis en cause l'actuel président Filipe Nyusi.


En combinaison orange, Cipriano Mutota a reconnu avoir partagé plus de 830.000 euros de commissions occultes avec trois autres personnes, qu'ils auraient ensuite investi dans l'achat de camions pour le transport de chevaux.Soupçonné d'avoir participé à la mise au point d'une vaste entreprise de corruption au plus haut sommet de l'Etat, M. Mutota a affirmé à l'audience que l'actuel président, Filipe Nyusi, alors ministre de la Défense, avait lui-même participé à certaines réunions.Entre 2013 et 2014, trois entreprises publiques mozambicaines ont contracté 1,76 milliard d'euros de prêts pour financer des projets maritimes et de chantiers navals. Ces prêts, tenus secrets par le gouvernement jusqu'à leur révélation en 2016, ont valu au pays le retrait du soutien du FMI. Le Mozambique a alors fait défaut sur sa dette et sa monnaie, le metical, s'est effondrée provoquant la plus grave crise financière depuis son indépendance en 1975.Dans ce procès qui s'est ouvert lundi, hauts responsables et proches du pouvoir, dont le fils de l'ex-président Armando Guebuza, Ndambi Guebuza, sont accusés de chantage, faux, détournement de fonds et blanchiment. Plusieurs accusés sont en détention provisoire à la prison de haute sécurité de Machava près de Maputo, où se tient le procès. Une nouvelle fois cité dans cette affaire, le président Filipe Nyusi avait déjà été mis en cause par un témoignage dans un pan de l'affaire jugé en 2019 aux Etats-Unis. Un des cerveaux à l'origine du scandale, l'homme d'affaires libanais Jean Boustani finalement acquitté, avait déclaré avoir versé un million de dollars à M. Nyusi sous forme de contribution à sa campagne électorale en 2014. Ce scandale, dit de la "dette cachée", est à l'origine de plusieurs autres procédures judiciaires en Suisse et au Royaume-Uni.

Dernier article