Niger: l'opposition demande à la Cédéao de créer "un dialogue" sur le processus électoral

26 août 2019 à 13h25 par AFP

AFRICA RADIO

Un front de l'opposition au Niger a annoncé lundi avoir saisi l'organisation des Etats d'Afrique de l'Ouest, la Cédéao, pour créer les conditions devant favoriser "un dialogue politique" en vue d'un processus électoral "consensuel" en 2020 dans le pays.

Depuis 2017, l'opposition refuse de siéger à la commission électorale et conteste le code nouveau électoral élaboré sur une base "non consensuelle, sans sa participation" et adopté en juin par le Parlement. "Le 19 juillet dernier, nous avions écrit au président de la Commission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao, 15 Etats dont le Niger) pour lui demander d'intervenir dans le processus électoral au Niger", a affirmé Ibrahim Yacouba, le président du Front patriotique (FP), un des deux importants regroupements de l'opposition, au cours d'une conférence de presse. "Il est temps" que la Cédéao "s'intéresse à ce qui se passe au Niger" et qu'elle "crée les conditions d'un dialogue politique permettant d'aborder les vraies questions électorales", a expliqué M. Yacouba, l'ex-chef de la diplomatie nigérienne, devenu opposant après avoir été limogé en avril 2018.Il dit avoir demandé à la Cédéao de se prononcer en fonction de ses propres textes et de ceux de l'Union africaine (UA) qui "imposent" aux Etats membres "de faire en sorte que l'organe national chargé des élections soit un organe consensuel et un organe inclusif".La semaine passée, la Commission nationale électorale indépendante du Niger (Céni) a dévoilé le calendrier des prochaines élections fixant au 27 décembre 2020, le premier tour de la présidentielle, couplé aux législatives et des élections municipales et régionales le 1er novembre 2020.Le second tour éventuel du scrutin présidentiel se tiendra le 20 février 2021. L'actuel président Mahamadou Issoufou, 67 ans, réélu en mars 2016 pour un deuxième et dernier quinquennat, a assuré qu'il ne modifierait pas la Constitution pour briguer un troisième mandat. "Je tiens à ce qu'en (2020), des élections libres, transparentes, impliquant tous les partis, soient organisées. J'encourage la CENI à poursuivre sa mission et j'invite l'opposition à s'impliquer dans le processus électoral", avait assuré en avril dernier M. Issoufou à l'occasion de la deuxième année de son second mandat.