Nigeria: l'armée dit vérifier l'authenticité de la vidéo de Boko Haram

Par La rédaction

Lagos (AFP)

L'armée nigériane a déclaré jeudi être en train de vérifier l'authenticité de la vidéo dans laquelle un homme se présentant comme le chef du groupe islamiste Boko Haram, Abubakar Shekau, dément avoir été tué.

Un porte-parole d'une force de l'armée nigériane opérant dans le nord-est du pays, fief de Boko Haram, avait annoncé en août que Shekau "pourrait être mort" après avoir été blessé par balles dans un affrontement avec des soldats le 30 juin.

Dans une vidéo visionnée mercredi par l'AFP, un homme ressemblant à celui qui s'était présenté comme Shekau jusqu'alors se moque de ce porte-parole et assure qu'il est bien vivant. 

"Nous ne pouvons pas, à ce stade, déclarer si c'est vrai ou faux, nous devons d'abord authentifier (...) cette vidéo", a déclaré le porte-parole de l'armée, Ibrahima Attahiru, à l'AFP.

"Les autorités militaires sont en train de vérifier" ce document, a-t-il ajouté.

Des doutes étaient rapidement apparus, après l'annonce de la mort de Shekau, en l'absence de preuves, et le porte-parole national des armées, le général Chris Olukolade, avait lui-même pris ses distances avec cette annonce.

Abubakar Shekau avait été déclaré en mars "terroriste international" par Washington, qui offrait une prime de sept millions de dollars pour sa tête.

Il avait déjà été donné pour mort par les autorités nigérianes en 2009, avant de réapparaître dans une vidéo.

Aucune indication ne permet de savoir où et quand la dernière vidéo a été enregistrée.Mais l'homme évoque des attaques ayant eu lieu récemment dans le nord-est du Nigeria, où Boko Haram est actif. 

"Je veux que le monde entier sache que je suis vivant, par la grâce d'Allah", affirme-t-il en langue haoussa, un fusil d'assaut AK-47 Kalachnikov sur l'épaule.

Boko Haram revendique la création d'un Etat islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman.Les attaques du groupe extrémiste et leur répression sanglante ont fait au moins 3.600 morts depuis 2009 selon l'ONG Human Rights Watch.