Nigeria: libération de plus de 80 chiites, détenus depuis 2015

Par AFP

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Plus de 80 chiites, membres du groupe radical du Mouvement Islamique du Nigeria (IMN), ont été acquittés mardi par un juge nigérian, après plus de deux ans de détention, ont indiqué leurs avocats.

Le juge David Shiri Wyom, dans un tribunal de Kaduna (nord du Nigeria), a statué que l'État n'avait pas suffisamment de preuves pour intenter des poursuites à leur encontre, malgré les accusations de conspiration qui pèsent contre eux. Les membres de l'IMN, qui défilaient en décembre 2015 pour protester violemment contre le gouvernement fédéral et demander un état chiite indépendant, étaient accusés d'avoir attaqué le convoi militaire du chef de l'armée, Tukur Buratai, qui était alors en visite dans la région. Ces manifestations sanglantes ont conduit au massacre de quelque 300 chiites par l'armée nigériane, et des centaines de membres de l'IMN avaient été interpellées ou arrêtées, dont leur leader Ibrahim Zakzaky. "Ce que le tribunal a découvert, c'est qu'il n'y avait pas de preuves crédibles", a déclaré à l'AFP l'avocat de la défense Maxwell Kyon. "C'est vraiment une grande victoire", selon maître Kyon, notant au passage que cette décision pourrait aider à la défense de Zakzaky, toujours incarcéré et dans l'attente de son procès. "Il (Zakzaky) est jugé pour avoir aider à commettre cette offense (l'attaque du convoi militaire)", explique l'avocat. "Donc si le tribunal constate maintenant qu'aucune de ces infractions n'a été commise, il est difficile de condamner quelqu'un en être à la source". Zakzaky, qui appelle à une révolution islamique inspirée de l'Iran chiite dans un Etat laïc et à grande majorité sunnite, est accusé d'avoir orchestré cette attaque. Il est détenu depuis 2015, malgré les ordres du tribunal selon lesquels il devrait être libéré. Jeudi, un tribunal doit examiner à nouveau sa demande de libération sous caution. Une centaine d'autres partisans du Mouvement islamique du Nigéria (IMN) sont toujours en prison en relation avec les affrontements de 2015. Le procureur Dari Bayero a déclaré de son côté qu'il allait faire appel de ce jugement. "Nous sommes totalement insatisfaits de la décision de la cour", a déclaré Bayero.