Ouganda: un Américain arrêté pour "activités subversives"

Par AFP

AFRICA RADIO

Un ressortissant américain accusé d'"activités subversives" contre le gouvernement ougandais a été arrêté dimanche et placé en détention dans la capitale Kampala, a annoncé la police lundi soir.

Guy Smith a été arrêté dimanche dans la ville de Fort Portal, dans l'ouest du pays, pour son "implication présumée dans des activités subversives antigouvernementales", a affirmé la police dans un communiqué. L'épouse de M. Smith, Sharon Smith, a déclaré à l'AFP que cet entrepreneur en bâtiment à la retraite de 63 ans, originaire du Kentucky et résidant en Ouganda depuis plus de 20 ans, avait été interpellé à leur domicile tôt dimanche matin. Elle a indiqué que des voisins lui ont raconté avoir vu des hommes armés en civil emmener son mari dans un véhicule connu en Ouganda sous le nom de "drone". Ce type de van équipé de vitres teintées et ne portant pas de plaque d'immatriculation est connu pour être utilisé par les forces de sécurité pour enlever des militants de l'opposition, à la suite de l'élection présidentielle contestée de janvier 2021.L'ONG Human Rights Watch (HRW) a récemment condamné cette pratique. "La récente vague de disparitions forcées n'a fait qu'aggraver le climat de peur intense en Ouganda à la suite des violentes dernières élections nationales", estimait Oryem Nyeko, chercheur sur l'Afrique à HRW, dans un communiqué au début du mois.La Plate-forme d'unité nationale (NUP), parti du leader de l'opposition Bobi Wine, affirme que des centaines de ses partisans ont été arrêtés par les forces de sécurité. Beaucoup ont été relâchés dans des endroits reculés plusieurs jours ou semaines plus tard après avoir subi brûlures, électrocution ou avoir vu leurs ongles arrachés.Le président Yoweri Museveni a confirmé que des personnes accusées de complot contre l'État ont été arrêtées et étaient détenues par l'armée et d'autres agences de sécurité.Selon Mme Smith, son mari n'est pas impliqué dans la politique et passe ses journées à "marcher et à regarder les informations" lorsqu'il ne s'occupe pas de leurs deux enfants âgés de 8 et 11 ans."Je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle ils l'ont emmené. (...) Nous voulons simplement savoir ce qui se passe et nous voulons qu'il soit libéré", a-t-elle ajouté. Dans une déclaration envoyée à l'AFP, le département d'État américain a indiqué avoir connaissance d'informations faisant état de la détention d'un de ses ressortissants en Ouganda et dit se tenir prêt à fournir un soutien consulaire.