Présidentielle en Côte d'Ivoire: Blé Goudé pour un report du scrutin

7 septembre 2020 à 13h40 par AFP

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L'ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens Charles Blé Goudé, a affirmé lundi à La Haye où il est en liberté conditionnelle qu'il faut reporter la présidentielle du 31 octobre en Côte d'Ivoire sous peine d'aller "droit dans le mur".

"Organiser le scrutin électoral du 31 octobre 2020, dans des circonstances pareilles, serait conduire notre pays droit dans le mur", a déclaré à la presse M. Blé Goudé, acquitté de crimes contre l'humanité en première instance par la Cour pénale internationale (CPI) et qui attend un éventuel procès en appel.Des acteurs politiques et de la société civile s'inquiètent d'une montée de tension en Côte d'Ivoire, dix ans après la crise post-électorale née du refus du président sortant Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara."Il nous faut repousser le scrutin, mettre ce report à profit pour organiser des assises nationales qui permettraient de rechercher le consensus", a poursuivi M. Blé Goudé, un ancien ministre de Laurent Gbagbo, l'ex-président ivoirien dont les partisans ont déposé la candidature, sans qu'il se soit prononcé lui-même.De nombreux observateurs et ONG estiment que Blé Goudé a été l'un des principaux acteurs de la montée de la tension en Côte d'Ivoire dans la décennie 2000, qui a culminé en 2010-2011 avec des violences post-électorales ayant fait plus de 3.000 morts.Blé Goudé, 48 ans, chef du Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (Cojep) a à plusieurs reprises annoncé sa volonté d'être candidat à la présidentielle en 2025, mais pas en 2020.La commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne a indiqué le 3 septembre avoir reçu 44 dossiers de candidature, dont ceux de Laurent Gbagbo, toujours en Belgique, et de l'ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro, qui réside en France.L'annonce de la candidature du chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara pour un troisième mandat a provoqué des manifestations en août dernier qui ont dégénéré en violences ayant fait une quinzaine de morts.Comme la précédente, la Constitution de 2016 limite à deux les mandats présidentiels. Mais les partisans de M. Ouattara affirment que le changement de Constitution a remis le compteur à zéro, alors que ses adversaires jugent cette candidature anticonstitutionnelle.