RDC: au moins 50 morts et 35 disparus dans un nouveau naufrage

Par La rédaction

KINSHASA (AFP) - (AFP)

Au moins 50 personnes sont mortes, au moins 35 autres sont portées disparues et une centaine ont survécu à la suite d'un naufrage mardi soir d'une embarcation navigant sur une rivière du nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), où ces accidents sont fréquents.

L'embarcation, qui transportait au moins 200 personnes avec des marchandises, a coulé après être entrée en collision avec une autre mardi en début de soirée, sur la rivière Tshuapa, dans la province de l'Equateur (nord-ouest), selon la porte-parole du gouvernement provincial.

"Jusqu'à hier (jeudi) on a compté 115 rescapés et 50 corps repêchés de la rivière difficilement, les autres (passagers) sont certainement perdus ou enfouis dans l'eau", a déclaré à l'AFP Rebecca Ebale Nguma.

"Le manifeste du bord a indiqué 200 personnes embarquées, mais cependant les rescapés parlent de 350 personnes", a ajouté la porte-parole.

Selon le porte-parole de la Mission de l'ONU (Monusco) à Mbandaka, capitale de l'Equateur, le bilan du naufrage serait d'au moins 50 morts, autant de disparus et une centaine de rescapés.

Dans un communiqué, le gouvernement central à Kinshasa a confirmé le nombre de 115 rescapés, tout en indiquant qu'il n'était "pas encore possible d'établir le nombre d'éventuelles victimes".

La collision a eu lieu près de la localité d'Ingende, à quelque 115 km à l'est de Mbandaka, vers où le bateau naufragé se dirigeait en provenance de Boende, à près de 300 km de la capitale provinciale.

Elle a impliqué "un bateau et une baleinière en bois", du nom donné aux grandes pirogues, selon le gouvernement à Kinshasa.

Selon le porte-parole onusien à Mbandaka, Jean-Tobie Okala, l'un des rescapés a affirmé qu'après la collision l'embarcation la "plus puissante" a "continué sa route" alors que l'autre coulait.

Le rescapé a "mis en cause le sécurité fluviale", indiquant que les deux bateaux n'avaient "pas de phare".

Dans cette région en grande partie couverte par la forêt équatoriale, les voies fluviales sont les principaux moyens de transport, en l'absence de routes praticables.

Selon la porte-parole du gouvernement provincial, "souvent (les pirogues) partent la nuit car les commerçants veulent ainsi éviter de payer les taxes, et pour ne pas être dérangés" par les services de contrôle dans les ports.

Le gouvernement central précise de son côté que "le ministre des Transports et voies de communications avait déjà interdit strictement la navigation de baleinières en bois ainsi que la circulation nocturne de toute baleinière".

Les naufrages sont fréquents en RDC, vaste pays d'Afrique centrale pourvu de nombreux lacs et cours d'eau dont le plus important axe de communication est le fleuve Congo.

Fin juin et début juillet, deux naufrage dans le lac Albert, dans l'est du pays, avaient fait 10 morts et 40 disparus.Début mai, une centaine de personnes ont été portées disparues après un naufrage sur une rivière du centre, et fin avril un accident sur le lac Kivu (est) avait fait 6 morts et une vingtaine de disparus.

Ces accidents sont généralement provoqués par la surcharge des bateaux, le mauvais balisage des voies navigables, l'absence de signalisation des bateaux et l'inexpérience des pilotes.La plupart des embarcations ne disposent d'aucun matériel de sécurité.

Après les drames de fin avril-début mai, la ministre des Transports avait été révoquée.Elle n'a pas été remplacée depuis, le ministre des Mines assurant jusque-là l'intérim de sa charge.