RDC : l'ex-chef de guerre Bemba favorable à l'état de siège décrété dans l'Est

Par AFP

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L'ex-chef de guerre congolais Jean-Pierre Bemba s'est dit vendredi favorable à l'état de siège décrété par le président Félix Tshisekedi pour mettre fin à l'insécurité dans l'Est de la République démocratique du Congo, dans un entretien à la chaîne France 24.

Le président Tshisekedi a proclamé pour une durée de 30 jours à partir du 6 mai l'état de siège dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu. A ce titre, il a nommé des officiers de l'armée et de la police en remplacement des gouverneurs et vice-gouverneurs civils.Face à l'insécurité et aux crimes "innommables" commis dans l'Est, l'état de siège pourrait permettre "un retour vers la paix, la sécurité", a déclaré M. Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC), représenté dans la nouvelle équipe gouvernementale.Interrogé par France 24, il a rejeté les accusations d'un groupe d'experts de l'ONU selon lesquelles le lieutenant-général Constant Ndima, ancien chef militaire de la rébellion du MLC qui vient d'être nommé gouverneur du Nord-Kivu, était impliqué dans des massacres en 2002 et 2003.Malgré les opérations militaires en cours, les massacres de civils se poursuivent dans l'Est de la RDC. Le président Tshisekedi a annoncé récemment des opérations militaires conjointes avec les armées de pays voisins, une idée à laquelle s'oppose une partie de la population, surtout en ce qui concerne les troupes rwandaises et ougandaises, qui ont laissé de mauvais souvenirs dans la région.M. Bemba s'y est dit lui favorable, à condition que cette coopération s'inscrive dans le cadre d'un accord : "Si on peut avoir par ce moyen la paix, utilisons tous les moyens pour éradiquer définitivement cette zone d'insécurité".Ancien chef de guerre, M. Bemba a été condamné à 18 ans de prison par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes commis en République centrafricaine avant d'être acquitté en juin 2018, au terme de dix ans d'emprisonnement. Sa candidature à la présidentielle de décembre 2018 avait été rejetée par la Cour constitutionnelle.