Référendum au Soudan: les ex-rebelles sudistes accusent Khartoum d'intimidation

20 novembre 2010 à 16h40 par La rédaction

KHARTOUM (AFP)

Les ex-rebelles sudistes ont accusé samedi le parti du président Omar el-Béchir "d'intimider" les Sud-Soudanais vivant dans le nord du pays afin de les pousser à voter en faveur de "l'unité" lors du référendum d'indépendance du Sud, prévu en janvier.

De hauts membres du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rebelles sudistes) ont visité samedi des centres d'inscription sur les listes de scrutin situés dans la banlieue de la capitale Khartoum.

A proximité de centres de scrutin, des "comités de citoyens", "bras" du Parti du congrès national (NCP) au pouvoir à Khartoum, récoltent les numéros de téléphone de Sudistes après leur inscription sur les listes, selon ces responsables.

Ils vont ensuite leur dire: "vous devez voter pour l'unité lorsque vous viendrez voter", a dit Atem Garang, haut responsable du SPLM, lors d'une conférence de presse à Khartoum."C'est de l'intimidation, c'est contraire la loi", a-t-il ajouté.

Environ cinq millions de Sudistes - vivant au Sud, au Nord et dans la diaspora - sont conviés à s'inscrire sur les listes de scrutin en vue du référendum d'indépendance du Sud-Soudan du 9 janvier qui pourrait aboutir à la partition du plus vaste pays d'Afrique.

L'option sécessionniste doit recueillir une majorité absolue (50% + une voix), et 60% des électeurs inscrits doivent exercer leur droit de vote pour que le résultat de cette consultation soit jugé valide.

L'inscription des Sudistes au Nord-Soudan, ouverte lundi, est très faible jusqu'à présent.Des courriels ont circulé sur la Toile invitant les Sudistes au Nord et à l'étranger à boycotter l'inscription, et donc le scrutin, afin de discréditer d'éventuels imposteurs souhaitant s'inscrire massivement sur les listes.

Le SPLM a assuré samedi ne pas être à l'origine de cet appel au boycott."Nous n'avons pas dit (aux Sudistes) de boycotter l'inscription", a dit M. Garang.

Des milliers de Sudistes ont par ailleurs quitté Khartoum ces dernières semaines afin de retourner au Sud-Soudan avant la tenue du référendum."Si vous vous inscrivez maintenant sur les listes et que votre famille migre en novembre ou décembre vers le Sud, alors vous ne pourrez pas voter" lors du scrutin de janvier, a souligné M. Garang.