Rwanda: le parquet demande un nouveau délai au procès Ingabire

Par La rédaction

KIGALI (AFP) - (AFP)

Le parquet a demandé un nouveau délai dans le procès de l'opposante rwandaise Victoire Ingabire, lundi à Kigali, peu après l'ouverture de l'audience inaugurale, déjà repoussée à deux reprises à la demande de la défense.

Le parquet a jugé nécessaire de recevoir de nouveaux éléments de la part de la justice des Pays-Bas où Mme Ingabire a vécu en exil jusqu'en janvier dernier.

La défense de l'opposante a appelé le juge d'audience à rejeter une telle demande.

"Un report du procès se ferait clairement au détriment de Mme Ingabire, dans la mesure où elle serait l'objet d'une période de détention préventive encore allongée.Un report du procès ne servirait pas les intérêts de la justice", a fait valoir le Britannique Iain Edwards.

Présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), une formation d'opposition non encore reconnue par le gouvernement rwandais, Mme Ingabire est poursuivie pour complicité de terrorisme, idéologie du génocide, sectarisme et divisionnisme, atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, création d'un groupe armé avec l'intention de provoquer la guerre.

Elle réfute catégoriquement ces accusations.

Victoire Ingabire, qui avait cherché en vain à se présenter face à Paul Kagame lors de l'élection présidentielle d'août 2010, est arrivée à l'audience le crâne rasé, les menottes aux poignets, vêtue de la traditionnelle blouse rose des détenus au Rwanda.Elle semblait en bonne forme et a discuté en souriant avec son avocat.

Le procureur général du Rwanda, Martin Ngoga, a assuré disposer de preuves solides contre Mme Ingabire, dont des transfert d'argent au profit de membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un mouvement de rébellion hutu rwandais qui multiplie les exactions dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), considéré comme un groupe "terroriste" par Kigali.

Initialement prévu pour le 16 mai, ce procès a été reporté deux fois, à la demande de la défense qui voulait notamment la traduction du dossier préparé en kinyarwanda, une langue que deux de ses avocats ne comprennent pas.