Sénégal: une nouvelle manifestation prévue samedi "reportée"

Par AFP

AFRICA RADIO

Le mouvement de contestation qui soutient l'opposant sénégalais Ousmane Sonko a reporté vendredi soir la journée de "manifestation pacifique" prévue samedi, sans fixer de nouvelle date, après une médiation des milieux religieux en faveur de l'apaisement.

Le report des manifestation a été annoncé en milieu de soirée dans un communiqué par le "Mouvement pour la Défense de la Démocratie (M2D)", qui avait lancé un appel aux rassemblement samedi après-midi sur la place de la Nation à Dakar et à travers le pays. Aucune nouvelle date n'a été fixée.Le Sénégal a été le théâtre la semaine passée d'affrontements entre jeunes et forces de l'ordre, de pillages et de saccages après l'arrestation d'Ousmane Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et pressenti comme un des principaux candidats à celle de 2024.Ces violences ont fait au moins cinq morts --onze selon le collectif de contestation--, au cours des troubles les plus graves depuis 2012 dans ce pays réputé comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest.Dans un communiqué, les khalife généraux (dirigeants) des grandes confréries musulmanes, très influentes au Sénégal, et les représentants de l'Eglise catholique, ont invité vendredi les différentes parties --majorité, société civile, opposition-- "à poursuivre le travail déjà entamé dans le sens de la pacification".Un peu plus tard dans la soirée, le M2D a expliqué avoir "reçu Serigne Bassirou Mbacké Porokhane, émissaire du khalife général (de la confrérie) des mourides, Serigne Mountakha Mbacké" et d'avoir "accepté la demande de report de la manifestation du samedi 13 mars formulée par le vénéré khalife"."En retour", le mouvement, qui inclut notamment le parti Pastef-Les Patriotes d'Ousmane Sonko, a transmis au khalife un "mémorandum en 10 points", en disant espérer que les guides religieux trouveront "pour une fois une oreille attentive auprès du président Macky Sall pour une paix durable dans le pays".Dans son cahier de revendications, qui reprend pour l'essentielle celles d'Ousmane Sonko, le MD2 exige notamment la "libération immédiate" de ceux qu'il considère comme des "prisonniers politiques" et que l'on mette "fin immédiatement au complot politico-judiciaire fomenté contre Ousmane Sonko".Il demande également que soit reconnue "publiquement l'impossibilité constitutionnelle et morale" du président Macky Sall "à briguer un troisième mandat" à l'issue de son deuxième mandat en 2024.