Sida: prévention et financements au coeur de la conférence de Vienne

18 juillet 2010 à 19h34 par La rédaction

VIENNE (Autriche) (AFP)

La 18e conférence internationale sur le sida s'est ouverte officiellement dimanche soir à Vienne dans l'inquiétude d'une baisse des financements internationaux et dans l'espoir de nouveaux outils de prévention, comme le recours anticipé aux traitements et les microbicides.  

Plus de 20.000 personnes, chercheurs, experts, membres d'associations, malades participent jusqu'au 23 juillet à cette conférence qui a lieu tous les deux ans.

La cérémonie d'ouverture, de plus de trois heures, a commencé par un message du secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon, qui s'est dit "soucieux" que des gouvernements aient décidé de réduire leur aide."Nous devons nous assurer que nos gains récents ne sont pas perdus", "Santé et développement pour tous !", a-t-il lancé.

"L'an dernier les pays riches n'ont eu aucun problème à trouver des milliards pour sauver les banquiers avides de Wall Street", a relevé Julio Montaner, président de la Société internationale pour le sida (IAS), organisatrice de la conférence.

"Je suis trop jeune pour mourir du sida", a déclaré Rachel Arinii Judhistari, une Indonésienne de 16 ans."Il ne doit plus y avoir de honte d'avoir le virus", a estimé la chanteuse rock britannique Annie Lennox, qui avait mis par solidarité un tee-shirt "HIV positive".

Juste avant la cérémonie, une soixantaine de militants avaient envahi la scène en scandant des slogans réclamant davantage de financements."Pas de marche arrière, des fonds pour l'aide", réclamait une banderole géante.

Plus tôt, Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial contre le sida, s'est dit "extrêmement inquiet" concernant les engagements des pays donateurs pour les trois ans à venir, chiffrant la somme nécessaire à entre 13 et 20 milliards de dollars.

Un rapport publié dimanche fait apparaître que le financement des programmes de lutte antisida dans les pays pauvres a reculé en 2009 à 7,6 milliards de dollars, contre 7,7 milliards en 2008.Entre 2002 et 2009 la progression était à deux chiffres d'une année sur l'autre.

"Alors que nous voyons les premiers succès dans la prévention et le traitement, il faut redoubler d'efforts, pas réduire les efforts", a souligné Michel Sidibé, le directeur exécutif de l'Onusida, qui défend ardemment un nouveau plan de lutte, le "traitement 2.0", qui prévoit des traitements moins chers et plus précoces et des thérapies plus simples.

Ces inquiétudes apparaissent alors même que de nouvelles pistes se font jour dans la lutte contre le sida.

Une étude publiée dimanche préconise de commencer tôt le traitement, bien avant l'apparition de symptômes, pour empêcher la destruction progressive du système immunitaire.

Une autre étude souligne que placer les séropositifs sous trithérapie divise par deux le nombre de nouveaux cas d'infection au VIH, ce qui va dans le sens d'une utilisation des trithérapies pour réduire la transmission du VIH.Une idée qui devrait être au coeur de la conférence, 27 ans après l'identification du virus.

Ces nouveaux espoirs se heurtent cependant au coût que représenterait une utilisation généralisée des traitements.Bill Gates, le multimilliardaire fondateur de Microsoft et ardent soutien de la lutte contre le VIH, devrait insister lundi en séance plénière sur la nécessité de mieux utiliser les fonds pour le sida.Il préconisera de concentrer les efforts de prévention "là où ils ont le plus d'impact", comme sur la circoncision.

Un autre espoir aussi se fait jour.Les experts attendent avec impatience les résultats de l'étude Caprisa, qui seront publiés mardi à Vienne et à Durban (Afrique du Sud), sur un gel microbicide incluant l'antirétroviral tenofovir, un type de produit testé pour la première fois.