Sierra Leone/fer: accord pour une reprise des activités de SL Mining

Par AFP

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La société minière SL Mining, propriété du négociant en matières premières américain Gerald Group, va relancer le 1er juin les opérations de sa mine de fer en Sierra Leone, interrompues depuis un an et demi, après avoir mis fin à un litige avec le gouvernement, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Le gouvernement sierra-léonais avait imposé en juillet 2019 une interdiction d'exportation du minerai de fer produit par SL Mining à Marampa, à une centaine de kilomètres de Freetown, lui réclamant notamment le paiement d'arriérés d'un million de dollars.La compagnie, un des premiers employeurs du pays, avait qualifié l'exigence de "tentative d'extorsion" et suspendu ses opérations.Un arbitrage devant la Chambre de commerce internationale (ICC) de Londres n'avait pas permis d'aboutir à un accord et la licence d'exploitation de la compagnie avait été annulée.Le litige a finalement été "résolu à l'amiable" et un accord signé le 7 mai, a indiqué la société dans un communiqué publié lundi. L'information a été confirmée par le gouvernement.Les deux parties vont créer une nouvelle société, NewCo, qui sera détenue à hauteur de 90% par Gerald Group et de 10% par l'Etat, selon le communiqué.Elle reprendra les actifs et droits de SL Mining, dont Marampa, et "commencera ses opérations le 1er juin 2021", selon la société minière. Gerald Group est en outre autorisé à exporter 707.000 tonnes de minerais de fer bloquées en Sierra Leone, contre le paiement de 20 millions de dollars.Les deux parties vont négocier une nouvelle licence d'exploitation dans le courant du mois de mai, indiqué également SL Mining. Le gouvernement assure pour sa part qu'il veillera à ce que les employés et fournisseurs de SL Mining ne soient pas lésés.Le patron de Gerald Group, Craig Dean, a salué "l'investissement personnel" du président Julius Maada Bio dans la recherche d'une solution, qu'il a qualifiée de "nouveau départ".Elu en mars 2018, M. Bio avait mis en place une révision du secteur minier, estimant les concessions accordées par les régimes précédents à des sociétés étrangères n'avaient pas permis de suffisamment développer le pays, l'un des plus pauvres au monde.L'économie de cette ancienne colonie britannique, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002). Elle reste fragile après les chocs des épidémies d'Ebola (2014-2016) et de Covid-19 et de la chute des cours mondiaux des matières premières, dont la plus importante d'entre elles pour le pays, le minerai de fer.