Sissi reçoit le nouveau Premier ministre libyen au Caire

18 février 2021 à 15h45 par AFP

AFRICA RADIO

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a reçu jeudi au Caire le Premier ministre libyen intérimaire Abdel Hamid Dbeibah et réaffirmé son soutien à ce pays dans sa quête de stabilité, selon la présidence.

Il s'agit de la première visite officielle à l'étranger de M. Dbeibah depuis sa désignation début février, dans le cadre d'un processus parrainé par l'ONU.M. Sissi a réaffirmé le "soutien de l'Egypte au peuple libyen dans sa mise au point des mécanismes de gestion du pays" et sa quête de "stabilité", a indiqué dans un communiqué Bassam Rady, le porte-parole de la présidence égyptienne.Le président a également souligné que Le Caire est "pleinement disposé à mettre son expertise et son expérience au service de ses frères libyens", selon la même source.Plus tôt ce mois-ci, l'Egypte avait fait part de son intention de collaborer avec les nouvelles autorités à Tripoli. Elle préparerait même la réouverture de son ambassade à Tripoli, selon la presse libyenne.Depuis fin 2020, Le Caire semble avoir entrepris un revirement vis-à-vis de son voisin occidental. Longtemps, l'Egypte a été considérée comme l'un des principaux soutiens du rival de Tripoli, le maréchal Khalifa Haftar, dans une Libye en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.Sur fond d'ingérence étrangère, le Gouvernement d'union nationale (GNA à Tripoli), reconnu par l'ONU, dispute le pouvoir au maréchal Haftar, installé dans l'Est.En janvier, la ville côtière égyptienne de Hourghada a accueilli des pourparlers interlibyens visant à préparer un référendum sur la loi fondamentale libyenne. Une nouvelle réunion doit s'y tenir ce mois-ci.Fin décembre, une délégation égyptienne de haut niveau a rencontré des responsables du GNA dans la capitale libyenne, une première depuis 2014.Pourtant, les tensions avaient culminé en juillet 2020 lorsque le Parlement égyptien a approuvé une possible intervention armée en Libye si les forces du gouvernement de Tripoli, soutenues par la Turquie, continuaient leur avancée vers l'est du pays.Après l'échec d'une offensive lancée par le maréchal Haftar en avril 2019 pour conquérir Tripoli, les deux camps ont conclu un cessez-le-feu en octobre et retrouvé le chemin du dialogue.M. Dbeibah a lui pour défis de former un gouvernement, préparer les élections nationales de décembre prochain et mettre fin à une décennie de violences et d'instabilité politique.