Somalie: échec des discussions pour la tenue d'élections

Par AFP

AFRICA RADIO

Des discussions entre le gouvernement somalien et les Etats régionaux sur la tenue d'élections se sont achevées sans accord, à quelques jours de l'expiration du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed, surnommé "Farmajo", a-t-on appris de sources concordantes.

Ce pays de la Corne de l'Afrique confronté à la rébellion des Shebb, islamistes radicaux affiliés à Al-Qaïda, devait initialement organiser des élections présidentielle et législatives avant le 8 février."Le gouvernement a proposé de négocier pour régler toutes les questions en discussion mais certains frères ne l'ont pas compris et ont refusé de les résoudre", a déclaré le ministre de l'Information Osman Abukar Dubbe aux journalistes à Mogadiscio vendredi soir, accusant "certains dirigeants" d'avoir tenté d'abuser de la volonté "d'ouverture" du gouvernement.Le chef de l'Etat, candidat à sa réélection, devrait annoncer une nouvelle session de négociations lors d'une réunion du Parlement samedi.En septembre, il avait conclu un accord avec les dirigeants de cinq régions semi-autonomes et le maire de Mogadiscio pour l'organisation d'élections avant la fin de son mandat. Mais le processus s'est enlisé dans les désaccords entre le gouvernement fédéral de Mogadiscio, soutenu par la communauté internationale, et certains États régionaux.Une des principales pommes de discorde est la tenue des élections à Gedo, dans le sud-ouest de la Somalie, à la frontière avec le Kenya, dans la région du Jubaland, théâtre récemment de combats meurtriers entre troupes nationales et locales.Le dirigeant du Jubaland, Ahmed Madobe, a accusé vendredi "Farmajo" d'avoir rejeté toutes les options proposées pour l'organisation du vote à Gedo en exigeant qu'il se tienne dans les mêmes conditions qu'ailleurs, "ce que le Jubaland a refusé"."Nous avons déjà demandé au président de cesser de s'ingérer dans le processus électoral et de se concentrer sur sa campagne, mais en vain", a-t-il déclaré.La communauté internationale, dont l'ONU et l'Union africaine (UA), a de nouveau appelé jeudi au respect de l'accord de septembre, mettant en garde contre "tout processus parallèle ou d'élections partielles" qui représenterait selon elle "un recul".En vertu du complexe système électoral somalien, des délégués issus de la myriade de clans et sous-clans constituant la population désignent les parlementaires, qui choisissent ensuite le président.Bien que similaire aux précédentes élections, en 2017, ce scrutin promet un peu plus de représentativité, avec cette fois 27.775 délégués, soit pratiquement le double.Le fragile gouvernement fédéral contrôle seulement une partie du territoire, malgré le soutien de la force de l'UA en Somalie (Amisom).