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Soudan: le bilan des affrontements au Darfour-Ouest monte à 132 morts (officiel)

08 avril 2021 à 12h26 Par AFP
Au moins 132 personnes ont été tuées au Soudan dans des affrontements tribaux depuis samedi autour d'El-Geneina, capitale du Darfour-Ouest, selon le gouverneur de cette région troublée où l'état d'urgence a été décrété. "Selon les rapports médicaux, le nombre de morts est à présent de 132", a indiqué lors d'une conférence de presse à Khartoum Mohamed Abdallah Douma, le gouverneur de cette région frontalière du Tchad. Il a ajouté que "la situation était désormais relativement stable", qu'il n'y avait "plus de combats" mais que le "pillage" continuait.Selon la même source, les "miliciens" qui ont attaqué la ville viennent notamment "de pays voisins comme le Tchad et la Libye" et ont employé de "l'artillerie lourde".Les heurts ont éclaté lorsqu'un "groupe armé a attaqué des citoyens qui se rendaient en ville", en tuant trois, a affirmé le responsable. Les Nations unies avaient elles évoqué des "affrontements entre la tribu Al-Massalit et les tribus arabes".Le précédent bilan, publié mardi par Comité central des médecins, fondé en 2016 pour représenter la communauté médicale soudanaise, faisait état de 87 morts et 191 blessés.Lundi soir, les autorités ont annoncé l'instauration de l'état d'urgence et le déploiement de l'armée au Darfour-Ouest.Néanmoins, M. Douma a affirmé que "pour l'heure, les forces de Khartoum n'(avaient) pas été envoyées" sur place.Les "opérations humanitaires et les vols ont été suspendus" à El-Geneina, plaque tournante de l'aide dans la région, affectant "plus de 700.000 personnes", selon l'ONU.En janvier, deux semaines après la fin de la mission de paix conjointe de l'ONU et de l'Union Africaine (Minuad) au Darfour, des affrontements similaires avaient fait plus de 200 morts, la plupart au Darfour-Ouest.Le conflit a éclaté dans cette région en 2003 entre des forces du régime de l'ex-président Omar el-Béchir, destitué en avril 2019 sous la pression de la rue, et des membres de minorités ethniques s'estimant marginalisées.Le pouvoir avait déployé des milices armées composées essentiellement de nomades arabes, accusées notamment de faire du "nettoyage ethnique".Les violences ont fait quelque 300.000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, essentiellement durant les premières années du conflit, selon l'ONU.Le gouvernement de transition a signé en octobre un accord de paix avec plusieurs groupes rebelles, notamment du Darfour. Mais certains groupes insurgés de la région ne l'ont pas signé.