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Surfacturations à l'armée du Niger: une journaliste relaxée par la justice

28 juillet 2020 à 16h52 Par AFP
La justice nigérienne a relaxé mardi Samira Sabou, une journaliste-blogueuse écrouée le 10 juin et accusée de diffamation dans ses publications sur l'affaire des surfacturations d'achats d'équipements militaires, a annoncé son avocat. Samira Sabou "a été relaxée, innocentée pour +faits non-constitués+. Elle ne devrait donc pas rester en prison même un seul jour" de plus, a déclaré à l'AFP Me Boudal Effred Mouloul, peu après la décision du tribunal de grande instance de Niamey."Même si l'autre partie (plaignante) fait appel, elle sort de prison aujourd'hui, aux environs de 16H00 locales (15H00 GMT), a-t-il assuré". A l'issue du procès le 14 juillet, le procureur avait requis contre Samira Sabou cinq semaines de prison ferme et une amende d'un million FCFA (plus de 1.500 euros). Interpellée le 10 juin et placée sous mandat de dépôt, Samira Sabou est jugée pour "diffamation", après une plainte déposée par Sani Mahamadou Issoufou, le fils et directeur de cabinet adjoint du président Mahamadou Issoufou. La journaliste avait publié un post sur l'affaire des surfacturations à l'armée accusant un homme d'affaires nigérien de "capter les marchés du ministère de la Défense au nom du fils du patron". "Le procès aux motivations politiques de la journaliste (Samira Sabou) doit aboutir à sa libération inconditionnelle", avait demandé Amnesty International. L'affaire des surfacturations fait grand bruit au Niger après la diffusion sur les réseaux sociaux d'extraits d'un rapport d'audit sur ces irrégularités. Les surfacturations et les livraisons non effectuées d'équipements militaires ces dernières années ont coûté 32,6 milliards FCFA (50 millions d'euros) à l'Etat du Niger, selon le parquet de Niamey. La justice avait annoncé le 8 avril l'ouverture d'une enquête sur l'affaire, qui a éclaté en février lorsque le gouvernement avait annoncé qu'un audit demandé par le président Issoufou avait révélé des surfacturations ainsi que des livraisons non effectuées à l'armée, qui combat depuis 2015 des groupes jihadistes dans le sud-est et l'ouest du pays.