Tanzanie: l'opposition défie le pouvoir en promettant de tenir des meetings

Par AFP

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Le principal parti d'opposition en Tanzanie a défié vendredi le président John Magufuli, en promettant d'organiser des rassemblements publics normalement interdits, afin notamment de dénoncer une nouvelle loi sur les partis politiques qu'il juge antidémocratique.

Le Chadema, principal adversaire du parti présidentiel, le Chama cha Mapinduzi (CCM), a annoncé cette décision au terme d'une réunion extraordinaire de deux jours de son comité central à Dar es Salaam, la capitale économique.Depuis son élection en octobre 2015, le président Magufuli a interdit les rassemblements publics des partis politiques. Mais, dans les faits, cette interdiction ne frappe que l'opposition, car le CCM tient des meetings où et quand il le décide."Tenir des rassemblements publics n'est pas un crime (...) Nous allons tenir ces rassemblements, nous avons un projet de société que nous devons expliquer à la population", a déclaré le secrétaire général du Chadema, Vincent Mashinji.Abondant dans le même sens, le vice-président du parti, Abdallah Safari, a expliqué que ces meetings viseraient notamment à dénoncer la nouvelle loi sur les partis politiques votée par l'Assemblée nationale fin janvier et qui attend encore d'être promulguée.L'opposition et les organisations de la société civile avaient protesté en vain contre cette loi qui, selon les termes de M. Safari, "vient étrangler les partis d'opposition".Le texte accorde des pouvoirs étendus à l'organe gouvernemental chargé de l'enregistrement des partis politiques. Le chef de cette institution peut suspendre temporairement, voire mettre fin à l'existence d'un parti politique.Ce haut fonctionnaire désigné par le chef de l'Etat exercera par ailleurs un contrôle sur le déroulement des élections internes aux partis.M. Safari a souligné que son parti allait, aussitôt après la promulgation de la loi, saisir la justice pour attaquer "l'anticonstitutionnalité" de ce texte.Il a ajouté que son parti préparait un projet de réformes à soumettre à un dialogue national, en vue de la création d'une commission électorale indépendante avant les élections locales prévues cette année et les élections générales de 2020.Ce comité central s'est tenu en l'absence du président du Chadema, le député Freeman Mbowe, en détention depuis fin novembre pour ne pas avoir obéi à deux citations à comparaître devant un tribunal.