Tchad: les "touristes russes" interceptés près de la Libye sont libres

24 juin 2021 à 16h50 par AFP

AFRICA RADIO

Dix Russes et une Lituanienne, présentés comme des "touristes" et interceptés il y a 9 jours dans une "zone dangereuse" du nord du Tchad non loin de la frontière libyenne, sont "libres" de leurs mouvements, a annoncé la police tchadienne à l'AFP.

Ils avaient été interpellés le 15 juin à Faya-Largeau, une importante ville-garnison "dans une zone rouge, une zone de combat", avait indiqué mardi le ministère tchadien des Affaires étrangères, assurant alors qu'il s'agissait de "touristes" mais qu'ils étaient, depuis une semaine, consignés dans un hôtel de la capitale N'Djamena et privés de leurs passeports."Après toutes les vérifications, leurs documents sont conformes et en règle et nous avons signifié cela à notre ministère des Affaires étrangères, pour nous ils sont libres", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police, le colonel Paul Manga."Mes compatriotes sont libres de leurs mouvements. Tous leurs matériels leur ont été rendus. On ne leur reproche rien", a assuré à l'AFP le deuxième secrétaire de l'ambassade de Russie à N'Djamena, Sergeï Kramarenko. La Lituanienne a quitté mercredi le Tchad à bord d'un vol commercial, a-t-il précisé. "Nous sommes des voyageurs russes, ils nous ont rendu nos téléphones et caméras mais pas encore nos passeports, on se promène dans N'Djamena c'est tout, on ne peut pas quitter le Tchad sans nos passeports et nos véhicules sont à Faya-Largeau", a assuré à l'AFP au téléphone en français, jeudi soir, l'un des Russes interceptés, qui dit s'appeler Alexey Kamerzanov.Il affirme que son groupe de voyageurs "autour du monde" est venu par la route depuis le Cameroun voisin et qu'ils se trouvent au Tchad depuis le 29 mai. Des combats ont lieu régulièrement dans cette région du nord opposant l'armée à des orpailleurs illégaux, des trafiquants --de drogue et d'armes notamment-- et des rebelles dont elle tente de prévenir les incursions depuis la Libye, où opèrent notamment des paramilitaires du groupe de sécurité privé russe Wagner, selon l'ONU.En avril, le président tchadien Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans, a été tué alors qu'il se rendait dans le nord sur un front opposant son armée à des rebelles tchadiens venus de Libye.Après la mort d'Idriss Déby, son fils Mahamat Idriss Déby s'est autoproclamé président, à la tête d'une junte militaire, promettant des élections "libres et transparentes" après une période de transition de 18 mois renouvelable une fois.Après avoir abrogé la Constitution puis dissous gouvernement et Parlement, il a nommé un nouveau "gouvernement de transition".