Tripoli s'apprête à libérer plus d'une centaine d'islamistes

16 février 2011 à 12h10 par La rédaction

TRIPOLI (AFP)

La Libye s'apprêtait mercredi à libérer 110 islamistes du Groupe islamique de combat libyen (Gicl), portant à plus de 360 le total des "prisonniers politiques" relâchés depuis mars, a annoncé la Ligue libyenne des droits de l'Homme.

"110 prisonniers du Gicl, dont trois dirigeants du groupe, vont être libérés aujourd'hui", a indiqué Mohamed Torniche à des journalistes dans l'enceinte de la prison d'Abou Salim à Tripoli.

La libération des prisonniers qui étaient prévue dans la matinée a été repoussée à une heure indéterminée.

"Ce qui est sûr c'est qu'ils vont être libérés aujourd'hui", a précisé à l'AFP un responsable de la prison.

La libération de ces islamistes intervient à la veille d'une "journée de colère" libyenne prévue jeudi, selon des appels lancés sur Facebook.

Mais M. Torniche a précisé qu'il s'agisait "d'une échéance arrêtée depuis plusieurs mois" et qu'il n'y avait pas "de rapport avec une quelconque autre question".

Depuis mars la Libye a libéré plus de 250 prisonniers de différents groupes islamistes parmi lesquels une quarantaine du Gicl, dont trois ex-dirigeants, Abdelhakim Belhaj, l'émir du groupe, Khaled Chrif, le chef militaire, et Sami Saadi, l'idéologue.

Selon la Ligue libyenne des droits de l'Homme, "les personnes libérées avaient achevé le programme de réhabilitation visant à la renonciation à la violence et la réinsertion des prisonniers dans la société libyenne".

Ce programme avait été initié par Seif Al-Islam, fils du colonel Kadhafi, avec l'aide d'un dignitaire religieux, Ali Sallabi.

Le Gicl avait réaffirmé en 2007 sa détermination à renverser le régime de Mouammar Kadhafi et de le remplacer par un Etat islamique radical, avant d'annoncer la même année son ralliement au réseau d'Al-Qaïda.

Il était dirigé depuis l'Asie centrale par Abou Laith al-Libi, un des tout premiers lieutenants d'Oussama ben Laden, tué en février 2008 dans les zones tribales du Pakistan.