Tunisie: des avocats malmenés par la police, selon leur ordre

Par La rédaction

TUNIS (AFP)

Des avocats ont été malmenés vendredi par la police à Tunis et dans plusieurs villes de Tunisie, alors qu'ils tentaient d'exprimer leur appui à la population de Sidi Bouzid, région en proie à des troubles sociaux, a indiqué le Conseil national de l'Ordre des avocats (CNOA).

Selon un communiqué signé par le bâtonnier Abderrazak Kilani, de "nombreux avocats ont été frappés, pourchassés et insultés" par des policiers, notamment à Tunis, Grombalia, Sousse, Monastir, Mahdia, Gafsa et Jendouba.

A l'appel du Conseil de l'ordre, ces derniers entendaient marquer leur appui au mouvement de protestation sociale de Sidi Bouzid (centre-ouest) en portant des brassards rouges devant tous les tribunaux de Tunisie.

Parmi eux des hommes et des femmes ont vu "leurs robes déchirées et les brassards arrachés" par des policiers déployés en "très grand nombre autour des tribunaux et jusque dans les salles d'audience", selon le communiqué transmis à l'AFP.

Une avocate a été exfiltrée de force d'une salle d'audience et détenue provisoirement dans une voiture de police à l'extérieur d'un tribunal à Tunis, alors qu'à Mahdia (sud-est) un avocat a eu le nez fracturé et un autre a été "gravement blessé à l'oeil" à Grombalia (nord-est), selon un constat établi par la profession.

Le Conseil de l'ordre dénonce "un usage sans précédent" de la force et "une sauvage agression visant à faire taire les avocats" et affirme que ceux-ci "sont déterminés à défendre la liberté d'expression" et "le droit des habitants de Sidi Bouzid et d'autres régions démunies à l'emploi, à la dignité".

La ville a connu des troubles qui ont fait un mort, des blessés et des dégâts matériels importants depuis le 19 décembre après la tentative de suicide par le feu d'un jeune vendeur de fruits et légumes sans permis qui s'était fait confisquer sa marchandise par la police

La journée de protestation des avocats faisait suite à un sit-in observé mardi dernier contre l'interpellation durant 24 heures de deux avocats défenseurs des droits de l'homme, Me Chokri Belaid et Raouf Ayadi.