Une tuerie familiale à Madagascar jugée en appel en France

Par La rédaction

CRETEIL (AFP) - (AFP)

Le procès en appel d'une tuerie où cinq personnes d'une même famille avaient perdu la vie, il y a 10 ans à Madagascar, s'est ouvert lundi devant les assises du Val-de-Marne à Créteil où comparaît seul le principal accusé de ce massacre, Mamod Abasse Mamodtaky.

Présenté comme le maître d'oeuvre de cette tuerie au cours de laquelle cinq membres de sa belle-famille, dont deux adolescents, avaient péri, cet ex-homme d'affaires fortuné qui a longtemps bénéficié de puissants appuis dans l'appareil d'Etat malgache doit répondre des chefs d'assassinat, de tentatives de meurtre et de menaces de mort réitérées.

C'est la troisième fois que ce dossier est jugé devant une cour d'assises en France après un premier procès avorté au bout d'une semaine à Saint-Denis-de-la-Réunion et la condamnation de M. Mamodtaky en première instance à Paris en 2010.

Les faits remontent au 22 avril 2001.

Alors qu'ils participaient à une réunion de famille dans la banlieue d'Antananarivo, cinq membres de la famille Remtoula, un clan d'origine indo-pakistanaise, voient faire irruption trois hommes qui ouvrent le feu avec des armes de guerre, dont une kalachnikov.Trois adultes et deux adolescents de 13 et 15 ans avaient péri, cinq autres personnes avaient été blessées.

La tuerie avait provoqué un grand émoi dans la communauté des "karanas", Malgaches d'origine indo-pakistanaise, musulmans chiites, dont la plupart ont choisi la nationalité française à l'indépendance de la Grande Ile.

C'est d'ailleurs cette nationalité française des victimes qui a justifié la compétence de la justice française après une enquête malgache qui avait tourné court.

Défendu notamment par le ténor du barreau, Eric Dupond-Moretti, Mamod Abasse Mamodtaky, 40 ans, a toujours clamé son innocence, dénonçant notamment un "complot".

Il fera face pendant les trois semaines que doivent durer les débats, à 12 membres de la famille Remtoula, assistés par sept conseils et dont la plupart étaient lundi vêtus de blanc en signe de deuil.

"Ils attendent que la justice soit à nouveau rendue pour faire le deuil des personnes qu'ils ont perdues dans ce dossier", a dit à l'AFP un de leurs avocats, Me Catherine Moissonnier.