Violences au Sénégal: HRW réclame une enquête indépendante

Par AFP

AFRICA RADIO

L'organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a réclamé vendredi une enquête indépendante sur les récentes manifestations au Sénégal, qui ont fait entre cinq et 11 morts selon les sources, à la veille de nouveaux rassemblements.

Le Sénégal a été le théâtre la semaine passée d'affrontements entre jeunes et forces de l'ordre, de pillages et de saccages après l'arrestation d'Ousmane Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et pressenti comme un des principaux candidats à celle de 2024.Ces violences ont fait au moins cinq morts --onze selon le collectif de contestation--, au cours des troubles les plus graves depuis 2012 dans ce pays réputé comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest. HRW, dans son communiqué, évoque un bilan d'au moins 10 morts et de centaines de blessés. Les tensions sont retombées mardi, au lendemain de la libération de M. Sonko et d'une allocution du président Macky Sall appelant à "l'apaisement". Le mouvement de contestation derrière l'opposant a toutefois lancé un nouvel appel à des manifestations "pacifiques" à Dakar et dans tout le pays samedi pour réclamer la libération des prisonniers qu'il qualifie de "politiques"."Alors que le Sénégal traverse sa pire période de troubles depuis des années et que d'autres manifestations sont prévues, les autorités devraient veiller à ce que les forces de sécurité respectent la loi", a déclaré Ida Sawyer, directrice adjointe de la division Afrique chez Human Rights Watch, citée dans le communiqué."Les décès récents de manifestants ainsi que les blessures devraient faire l'objet d'enquêtes crédibles et les membres des forces de sécurité ayant fait un usage illégal ou excessif de la force devraient être traduits en justice", a-t-elle ajouté.M. Sonko a été inculpé lundi dans un dossier pour viols présumés ouvert à la suite d'une plainte déposée contre lui par une employée d'un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos. Il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire.L'opposant crie au complot ourdi par M. Sall pour l'écarter de la prochaine présidentielle, ce que le chef de l'Etat a réfuté. M. Sonko a également dénoncé l'arrestation de plusieurs dizaines de ses partisans.Dans son communiqué, Human Rights Watch réclame la libération des "personnes détenues en raison de leurs convictions politiques ou de leur participation à des activités pacifiques".