Zimbabwe: Jacob Zuma demande aux Européens de lever les sanctions contre Mugabe

29 septembre 2010 à 10h57 par La rédaction

BRUXELLES (AFP)

Le président sud-africain Jacob Zuma a demandé mercredi à l'Union européenne de lever ses sanctions, en vigueur depuis 2002, à l'encontre du président zimbabwéen Robert Mugabe et de son entourage.

Lever les sanctions "serait donner une chance aux efforts que nous faisons là-bas" au Zimbabwe pour faire aboutir le processus de transition, a dit M. Zuma devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen.

En interdisant les voyages à l'étranger de M. Mugabe et de son entourage et en gelant leurs avoirs, l'UE "donne des arguments au Zanu PF (le parti de M. Mugabe, ndlr) qui affirme que le gouvernement d'union (en place à Harare depuis février 2009 avec des représentants du parti d'opposition MDC) n'est pas soutenu dans sa totalité", a-t-il dit.

L'Union européenne et les Etats-Unis maintiennent une interdiction de voyager et un gel des avoirs contre Robert Mugabe, sa femme et son entourage direct pour protester contre le déroulement des élections controversées de 2008 et les atteintes aux droits de l'homme de la part de son gouvernement.

En février, l'Union européenne avait prorogé d'un an ses sanctions citant un manque de progrès en matière de démocratisation et de réformes.

Les sanctions européennes consistent en un embargo sur les armes et les équipements susceptibles de servir à la répression interne.Elles comprennent aussi l'interdiction de voyager dans l'UE pour plus d'une centaine de personnes liées au pouvoir en place ainsi que le gel des avoirs financiers de ces mêmes personnes.

Interrogé au sujet des sanctions mardi en marge d'un sommet UE-Afrique du Sud à Bruxelles, le président de l'UE Herman Van Rompuy a affirmé que "s'il y a des développements positifs, l'UE est prête à revoir" sa politique de sanctions.

M. Mugabe et son ancien rival Morgan Tsvangirai ont formé en février 2009 un gouvernement d'union nationale qui a permis de stabiliser l'économie, mais de nombreux points de désaccord subsistent entre les deux hommes, notamment sur l'élaboration de la Constitution et le respect des droits de l'homme.