Rwandais expulsés: les avocats demandent au Niger de "revenir sur sa décision"

Par AFP

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Les avocats nigériens de huit anciens dignitaires du régime hutu du Rwanda responsable du génocide des Tutsi en 1994, ont demandé vendredi au Niger de "revenir sur sa décision" de les expulser.

Les avocats ont saisi le gouvernement "d'un recours gracieux" pour demander "à l'Etat du Niger de revenir sur sa décision d'expulsion de ces Rwandais et de se conformer à l'accord signé le 15 novembre 2021 avec l'ONU pour leur réinstallation sur son territoire", a déclaré à la presse Me Kadidiatou Amadou. Dans un arrêté ministériel du 27 décembre, le Niger a décidé d'expulser "pour raisons diplomatiques" ces huit Rwandais, anciens dignitaires du régime hutu responsable du génocide des Tutsi en 1994, accueillis en vertu de l'accord avec l'ONU. Les huit personnes expulsées "avec interdiction permanente de séjour du Niger" ont "un délai de sept jours" pour quitter le Niger, précise l'arrêté signé par Hamadou Amadou Souley, ministre nigérien de l'Intérieur. Quatre de ces huit Rwandais ont été acquittés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et les quatre autres ont purgé la peine à laquelle ce tribunal les avait condamnés. L'arrêté du ministre de l'Intérieur du 27 décembre a été "pris en violation flagrante de l'accord" passé avec l'ONU et "exclut tout motif sérieux qui justifierait leur expulsion", s'est insurgé Me Kadidiatou. Dans l'accord, "le Niger s'engage à ne pas extrader, ni remettre de quelque autre manière les personnes libérées ou acquittées à la république du Rwanda ou à tout Etat" pour "des faits pour lesquels elles ont déjà jugées par le Tribunal pénal international", a-t-elle expliqué. "Contre toute attente et en violation de l'engagement international auquel le Niger a souverainement souscrit, les autorités nigériennes ont usé d'artifices pour définitivement retirer aux requérants leurs permis de séjour", puis les ont "placés en résidence surveillée". Selon elle, les huit Rwandais âgés entre 60 et 85 ans, arrivés le 6 décembre au Niger, "ne se sont rendus coupables d'aucune violation de la loi nigérienne" et le Niger "doit (au préalable) se référer aux Nations unies" en cas de "problème dans l'exécution de l'accord". L'avocate prévient que cette expulsion "risque de transformer" ses clients "en apatrides et conduire les autorités nigériennes à les remettre au régime rwandais qui les considère comme les plus grands génocidaires de l'histoire".