Sahara occidental: bientôt une nouvelle tournée régionale de l'émissaire de l'ONU

AFRICA RADIO

20 avril 2022 à 17h06 par AFP

L'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, a indiqué mercredi qu'il entreprendrait prochainement une nouvelle tournée régionale pour tenter de faire avancer le processus de résolution de ce conflit, à l'issue d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations unies.

Interrogé par l'AFP pour savoir si ce serait dans les semaines ou mois à venir, il a répondu: "Non, cela va être -- j'espère -- bientôt." Il n'a pas non plus donné de dates au Conseil de sécurité, selon des diplomates, ni précisé les lieux où il comptait se rendre. Lors de la réunion, "tous ont soutenu (mes) efforts" pour relancer le processus de négociation politique d'une solution à ce conflit, s'est félicité Staffan de Mistura. Selon des diplomates, les membres du Conseil de sécurité ont répété lors de la session, qui est semestrielle, leurs "mêmes positions" sur le conflit. L'émissaire de l'ONU, nommé en novembre, avait effectué en janvier sa première tournée dans la région, qui l'a conduit à Rabat au Maroc, en Mauritanie, et à Tindouf en Algérie pour y rencontrer le Polisario. La question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole considérée comme un "territoire non autonome" par l'ONU, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger. Ce vaste territoire désertique au riche sous-sol et bordé d'eaux très poissonneuses est situé aux confins du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie. Rabat, qui contrôle près de 80% de ce territoire, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté. Le Polisario réclame un référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU, prévu lors de la signature en 1991 d'un cessez-le feu mais jamais concrétisé. Pour Rabat, la relance des négociations, suspendues depuis 2019, doit s'inscrire dans le cadre de "tables rondes" réunissant le Maroc, le Polisario, mais aussi l'Algérie et la Mauritanie. Alger est cependant opposé à des pourparlers sous cette forme, souhaitant des négociations bilatérales entre le Polisario et le Maroc. Les tensions se sont accrues en 2020 et 2021 entre l'Algérie et le Maroc, culminant avec la rupture par Alger de ses relations diplomatiques avec son voisin, fin août. Début avril, le Front Polisario a annoncé "rompre" tout contact avec le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez après un revirement de Madrid en faveur de la position marocaine sur la question.