Accord en Ethiopie: la France salue "la sagesse et le courage" des belligérants

AFRICA RADIO

3 novembre 2022 à 17h21 par AFP

La France a salué jeudi "la sagesse et le courage" du gouvernement éthiopien et des rebelles du Tigré qui ont conclu mercredi à Pretoria un accord de cessation des hostilités, après deux ans d'un conflit particulièrement brutal et meurtrier.

"Cette décision représente une première étape importante en vue d'un cessez-le-feu durable et d'une résolution de la crise qui sévit depuis deux ans", indique une déclaration du ministère des Affaires étrangères. "La France salue la sagesse et le courage des parties, qui ouvrent ainsi la voie à un dialogue politique, seule solution viable pour préserver la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Éthiopie", ajoute le Quai d'Orsay, en soulignant "l'urgence" du rétablissement des accès humanitaires dans les régions touchées par le conflit. "La France se tient prête à faciliter l'acheminement de l'aide et le soutien aux populations affectées par le conflit". L'accord a été conclu mercredi, moins de 48 heures avant le deuxième anniversaire du déclenchement du conflit, après neuf jours de discussions sous l'égide de l'Union africaine à Pretoria. Le texte n'a pas été rendu public mais les deux parties ont indiqué dans une déclaration commune s'être notamment engagées à cesser immédiatement les hostilités, au désarmement des forces rebelles, à permettre la reprise de l'acheminement de l'aide humanitaire vers le Tigré et le rétablissement des services de base dont la région est privée depuis plus d'un an. Le bilan du conflit, marqué par d'innombrables exactions et qui se déroule largement à huis clos, est inconnu, mais l'International Crisis Group (ICG) et Amnesty international (AI) le décrivent comme "un des plus meurtriers au monde". Le conflit a commencé le 4 novembre 2020 quand le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale arrêter les dirigeants de l'exécutif du Tigré qui contestaient son autorité depuis plusieurs mois et qu'il accusait d'avoir attaqué une base militaire fédérale. La guerre a provoqué une catastrophe humanitaire dans le nord de l'Ethiopie, déplaçant plus de deux millions d'Ethiopiens et plongeant des centaines de milliers de personnes dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.